Au Cameroun, le procès pour le meurtre du journaliste Martinez Zogo connaît un rebondissement qui alarme les défenseurs de la liberté de la presse et de l’indépendance judiciaire.
Qui était Martinez Zogo ?
L’assassinat de Martinez Zogo avait choqué le Cameroun. Sa mort, suivie de l’arrestation de hauts responsables des services secrets, laissait penser que la vérité allait éclater. Le procès, qui met en cause 17 accusés devant le tribunal militaire de Yaoundé, est suivi de près par les organisations de défense de la presse à travers le monde.
Un officier qui en savait trop
Le lieutenant-colonel Ayissi Nanga Parfait a créé la stupeur le 13 octobre 2026 en faisant irruption dans la salle d’audience du Tribunal militaire de Yaoundé, affirmant : « Je détiens toutes les preuves sur l’affaire Martinez Zogo et sur ses véritables commanditaires. »
Dans une lettre envoyée au ministre de la Défense, il faisait état d’une tentative d’homicide à Ebolowa dans la nuit du 19 au 20 août, de menaces téléphoniques, de filatures et de propositions financières pour le dissuader de témoigner.
L’arrestation et ses zones d’ombre
Il a été interpellé à son domicile le 17 octobre à 16h47, sans mandat d’amener selon ses propres déclarations, par une escouade de gendarmes conduite par un colonel. Il a ensuite été libéré le dimanche 18 octobre, au terme de son audition au Secrétariat d’État à la Défense, tout en restant à la disposition de la justice.
L’interpellation suivie de la libération constitue un épisode troublant dans ce dossier déjà sensible. Pour les observateurs internationaux, la séquence un témoin qui réclame une protection publiquement, puis est arrêtée 96 heures plus tard pose de sérieuses questions sur les garanties d’un procès équitable au Cameroun.




