Il aura fallu l’arrestation de deux frères dans le Nord du Cameroun pour que l’affaire remonte jusqu’à Yaoundé. Raphaël N., 28 ans, et Moustapha M., 31 ans, sont soupçonnés d’avoir exhumé le corps de leur cousin décédé deux ans plus tôt à Pitoa et d’en avoir vendu les ossements pour un total de six millions de FCFA soit environ 9 000 euros.
Un marché qui existe
Le trafic d’ossements humains en Afrique centrale est une réalité que les autorités autorisent mais peinent à quantifier. Il est alimenté par une demande liée à des pratiques rituelles, à des croyances dans les vertus supposées des restes humains dans certaines pratiques de guérison ou de protection. Rarement documenté, encore plus rarement poursuivi, ce trafic existe dans les angles morts de la justice camerounaise.
La mécanique de l’affaire
Un crâne et des côtes vendus à Garoua pour trois millions de FCFA. Le reste du squelette saisi à Ngousso, à Yaoundé, alors que Raphaël N. s’apprêtait à céder les fémurs, le bassin et les vertèbres pour trois millions supplémentaires à un acheteur actuellement en fuite. L’enquête se poursuit pour identifier cet acheteur et déterminer l’existence d’éventuels réseaux plus larges.
Pour les autorités camerounaises, l’affaire de Pitoa n’est pas isolée. Elle illustre la persistance d’un marché clandestin que la loi interdite mais que les moyens d’enquête peinent encore à démanteler.




