En plus des procédures administratives, des redressements fiscaux et des pertes massives auxquels l’entreprise de l’honorable sénateur Ngouchinghé Sylvestre est confrontée depuis plusieurs années, elle est surtout mise à mal par un certain nombre de préjugés de stéréotypes et de contrevérités, qui ont été dénoncés au cours d’un point de presse tenu ce 15 octobre dans les locaux de Congelcam à Yaoundé
Face aux professionnels des médias. Joseph Flavien Kankeu, responsable de la communication de la société Congelés du Cameroun (Congelicam), s’est engagé dans un exercice visant à rétablir la vérité et à éclairer l’opinion sur un certain nombre de questions essentielles, dont la prétendue situation de monopole de Congelcam sur le marché national du poisson.

Sur ce point, la voix la plus autorisée de l’entreprise affirme qu’il s’agit d’une allégation non fondée, d’une accusation qui ne correspond pas à la réalité du marché camerounais, où se côtoient 34 operateurs agrées. La véritable question n’est pas de savoir si Congelcam est seule sur le marché, mais plutôt de comprendre pourquoi les capacités opérationnelles de certains importateurs demeurent aminées, voire inexistantes pour certains, alors même qu’ils disposent d’autorisations d’importation Disposer d’une autorisation administrative d’importer n’est pas la même chose que disposer des moyens financiers, logistiques et commerciaux nécessaires pour approvisionner effectivement le marché croit savoir M. Kankeu.
A qui profite lintox?
A l’accusation de monopole s’ajoute une autre allégation, tout aussi persistante Congelcam serait une entreprise fabriquée ou imposée par les pouvoirs publics et bénéficierait, de ce fait, de privilèges particuliers. Là encore, Joseph Flavien Kankeu a voulu rétablir les faits, martelant que Congelcam est le fruit du travail, de la persévérance et de la vision d’un entrepreneur camerounais indépendant qui a cru en son pays. En clair, à ne s’agit pas d’une création des pouvoirs publics, mais le fruit d’un engagement entrepreneurial personnel de Ngouchinghe Sylvestre, engagé dans ce secteur depuis 1982
Derrière le développement de cette entreprise, ajoute-1’il, il y a des années d’efforts, de prises de risques d’investissements et de sacrifices. Ny a surtout la conviction qu’un entrepreneur camerounais peut bâtir, dans son propre pays, une entreprise capable de contribuer durablement à l’approvisionnement des populations. Réduire cette trajectoire entrepreneuriale à une prétendue fabrication des pouvoirs publics revient à occulter le travail accompli et à nier les efforts qui ont permis à l’entreprise de se développer Alors que Congetcam est régulièrement présentée comme une entreprise bénéficiant de la faveur des pouvoirs publics, elle dit étre confrontée, depuis près d’une décennie, à une succession de procédures administratives, de redressements fiscaux et de décisions ayant eu de lourdes conséquences financières sur ses activités.
Une justice complaisante
En 2018, la Commission nationale anticorruption (Conac) a publié un rapport faisant état d’un prétendu non-paiement, par Congelcam, de droits de douane à hauteur de 32 milliards de FCFA au titre de l’année 2014. Vu que ces accusations portalent gravement atteinte à sa réputation et à celle de son promoteur. Tentreprise a saisi la justice afin que la vérité soit établie, mais cette procédure n’a toujours pas connu d’issue judiciaire. Une question demeure donc entière comment une accusation d’une telle gravite peut elle continuer à peser sur l’image d’une entreprise sans qu’une decision judiciaire definitive ne vienne éclairer l’opinion publique s’indigne M. Kankeu
Il évoque par ailleurs les redressements fiscaux successifs qui ont lourdement pesé sur les finances de T’entreprise 2,2 milliards en 2020; 3,2 milliards en 2022 et un nouveau redressement de 6 milliards en 2024, avant de se rappeler que l’année 2023 a constitué un autre épisode particulièrement lourd de conséquences pour Congelcam. Cette année-là, 510 conteneurs de poisson appartenant à l’entreprise qui emploie M. Kankeu ont été débranchés au Port autonome de Douala dans des circonstances encore floues à ce jour. Les conséquences ont été considérables à tel point que la destruction des marchandises concernées a occasionné une perte sèche d’environ 13 milliards.
Acharnement
L’affaire a aussi été portée en justice, mais la procédure n’a pas connu d’évolution significative, alors que l’entreprise indique avoir déjà versé plus d’un milliard de FCFA au titre de la consignation auprès du Tribunal de grande instance de Douala. De la à se demander pourquoi une affaire portant sur des pertes aussi importantes tarde-t-elle à connaitre une évolution permettant aux parties d’obtenir des réponses et, le cas échéant, réparation?
Les conséquences de l’épisode portuaire de 2023 ne sont pas limitées aux pertes de marchandises. Congelcam déclare avoir perdu en 2025 son statut d’entreprise de grand standing auprès de la Commission bancaire de l’Afrique centrale, ce qui a entraîné la perte de nombreuses facilités auprès de ses banques partenaires. Il a fallu consentir d’importants efforts financiers et opérationnels pour retrouver ce statut en 2026.
A ces difficultés s’ajoute une autre préoccupation majeure celle de l’équité dans l’application des règles fiscales, douanières et administratives. En effet, une trentaine d’autres opérateurs bénéficient d’autorisations leur permettant d’importer, au total, plus de 300 000 tonnes de poisson par an. Congelcam croit savoir que plusieurs de ces opérateurs bénéficieraient de décotes de droits de douane de l’ordre de 25 à 30%, avantages dont le mastodonte du secteur ne bénéficie pas dans les mêmes conditions.
Mauvaise foi
Autre point préoccupant lors des cérémonies de récompense des meilleurs importateurs, les montants de droits de douane attribués à Congelcam ont été sous-évalués dans les chiffres rendus publics. Tenez pour l’exercice 2025, un montant de 14 milliards a été annoncé, alors que Congelcam dit avoir payé 24 milliards. De même en 2024, elle dit avoir payé 18 milliards de droits de douane. Mais ce sont des entreprises autres qui ont été félicitées avec des montant allant de 11 à 6 milliards, Il faut bien que ces données puissent être vérifiées et, si nécessaire, rectifiées car la contribution réelle d’une entreprise aux recettes publiques ne devrait ni ne être minorée, ni être présentée de manière inexacte
Face à toutes les situations décriées ci-dessus, Congelcam a choisi de parler clairement, chiffres à l’appui afin que nul ne puisse continuer à confondre les faits avec les rumeurs, ni la réalité avec les procès d’intention.




