Au Cap-Vert, sur l’île de Sal, les deux annonces sont tombées le même jour. Ce jeudi 8 octobre 2026, lors de la conférence stratégique de la CAF à Santa Maria, Patrice Motsepe a annoncé une hausse de 33 % des subventions versées aux 54 fédérations membres désormais fixées à 700 000 dollars annuels, soit environ 420 millions de FCFA.
Et dans la même foulée, il a confirmé que ces mêmes 54 fédérations soutenaient « inconditionnellement » Gianni Infantino pour l’élection à la présidence de la FIFA prévue le 18 mars 2027 à Rabat. Le timing fait parler.
De 200 000 à 700 000 dollars en cinq ans
Les chiffres méritent d’être posés à plat. En 2021, à l’arrivée de Motsepe à la tête de la CAF, chaque fédération membre recevait 200 000 dollars par an environ 120 millions de FCFA. Ce montant a été doublé à 400 000, puis porté à 525 000, avant d’atteindre aujourd’hui 700 000 dollars. Les unions zonales de la CAF passent de leur côté de 750 000 à 900 000 dollars annuels, soit une hausse de 20 %.
Motsepe justifie cette générosité par les investissements réalisés sous la présidence d’Infantino : un milliard de dollars injectés en Afrique sur dix ans, à travers 124 projets et le programme FIFA Forward. Une vitrine que le président de la CAF aime à brandir face aux critiques.
Un soutien continental qui interroge
L’Afrique pèse 54 voix sur les 211 que compte le corps électoral de la FIFA plus d’un quart du total. C’est un bloc décisif, et Infantino le sait depuis sa première élection en 2016. Cette fois encore, l’annonce du soutien africain intervient alors que le président sortant essuie des réserves grandissantes en Europe et en Amérique du Nord, après l’abandon d’un projet controversé de cession d’une participation dans des compétitions de la FIFA.
La question que certains observateurs posent ouvertement : ce soutien unanime est-il la récompense d’une relation fructueuse, ou le signal que les fédérations africaines restent des alliées peu regardantes sur la gouvernance de l’instance mondiale ?
La CAN tous les quatre ans : la concession qui divise
La décision de passer la Coupe d’Afrique des Nations à une fréquence quadriennale à partir de 2028 annoncée par Motsepe en décembre 2025 à la veille de la CAN marocaine a laissé des traces. Pour ses défenseurs, une CAN plus rare sera plus prestigieuse et mieux rémunérée. Pour ses détracteurs et ils sont nombreux dans les vestiaires et les stades c’est une concession faite aux grands clubs européens, qui n’ont plus à libérer leurs joueurs africains tous les deux ans. Un cadeau offert à l’UEFA et à la FIFA au détriment des championnats locaux et de la dynamique continentale.
C’est dans ce contexte que tombe l’annonce des 700 000 dollars. L’argent circule. Les questions, elles, restent.




