Alors que la transition énergétique redessine les mobilités mondiales, l’Afrique centrale fait face à un défi silencieux : l’inadéquation de sa maintenance automobile face à l’afflux de véhicules hybrides et électriques. C’est pour combler cette fracture technologique que le Centre de Formation Professionnelle Fohboussi (CFPF), basé à Douala au Cameroun, déploie un modèle novateur de hub sous-régional.

Officialisé le 27 octobre 2026 sous la tutelle du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, le centre fondé par Joseph Tsobgny Zapfack transcende les frontières nationales. Si le site est implanté à Logpom, sa portée est internationale : il accueille déjà des jeunes venus de République centrafricaine, du Tchad et du Burkina Faso, tandis que ses diplômés exercent aujourd’hui de l’Afrique centrale jusqu’aux États-Unis, en passant par la Belgique et le Canada.

Pour porter cette vision de développement, les ambitions du CFPF à l’horizon de cinq ans sont colossales : le centre prévoit d’implanter six à huit centres affiliés, de former ou de recycler deux mille professionnels et d’intégrer cent garages au sein d’un réseau de services actif dans au moins cinq pays de la sous-région, incluant le Cameroun, le Gabon, le Congo, le Tchad, la RCA, la RDC et la Guinée-équatoriale.
Le pont technologique entre Guangzhou et Douala
Le secret de la fabrique repose sur l’hybridation des savoirs : l’immersion pratique immédiate. En s’associant à des industriels chinois de premier plan notamment Guangzhou Guangtong et CFP Smart Truck , le CFPF s’affranchit des limites des formations purement théoriques.

Les apprenants accèdent désormais aux mêmes standards technologiques qu’un technicien à Guangzhou, qu’il s’agisse de manipuler des bancs de test pour batteries au lithium ou d’exploiter des logiciels de diagnostic de pointe connectés en assistance à distance.
À travers ce positionnement audacieux, le CFPF ne se contente pas de réparer des moteurs : il structure un réseau de services transfrontalier apte à porter la souveraineté technique de l’Afrique de demain, tout en facilitant l’accès à des véhicules importés de qualité à des coûts compétitifs.




