L’Extrême-Nord du Cameroun vit sous une double pression. D’un côté, les exactions répétées de Boko Haram dans une région où l’armée est en état d’alerte permanent. De l’autre, un trafic de médicaments détournés qui ronge silencieusement les populations, en particulier les jeunes.
13 000 comprimés interceptés en une opération
Le 19 octobre 2026, les éléments de l’opération HALCOMI IV ont saisi à Maroua 13 000 comprimés de tramadol en provenance du Nigeria. Une saisie significative qui n’est pas une première dans cette région, mais qui dit quelque chose sur l’ampleur du phénomène.
Le tramadol, nouvelle arme des trafiquants sahéliens
Depuis plusieurs années, le tramadol est devenu l’une des substances de prédilection des réseaux criminels au Sahel. Peu coûteux, facilement transportable, légal dans les circuits médicaux mais incontrôlable en dehors, il circule des marchés nigériens jusqu’aux zones de conflit et aux quartiers pauvres des villes de la région. Les conséquences sanitaires sont documentées : dépendance, troubles psychiatriques, surdosages.
Le lien entre ce trafic et les circuits de financement des groupes armés, dont Boko Haram, reste difficile à établir formellement dans chaque affaire. Mais les enquêteurs et les organisations humanitaires qui travaillent dans la zone tirent la sonnette d’alarme depuis des années sur la porosité entre criminalité organisée et insurrection.




