À Yaoundé, l’Afrique appelle à des institutions des droits humains plus fortes face aux crises continentales

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Yaoundé a accueilli, ce 5 février, la 15ᵉ Conférence biennale du Réseau des Institutions nationales africaines des droits de l’homme (RINADH), dans un contexte continental marqué par la persistance des conflits armés, la montée de l’extrémisme violent et le rétrécissement de l’espace civique. La cérémonie d’ouverture s’est tenue en présence du ministre de la Justice, Laurent ESSO, représentant le Premier ministre camerounais.

Dans son discours, le président de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a dressé un tableau préoccupant de la situation sur le continent, citant notamment les crises au Soudan, en République démocratique du Congo et au Sahel. Face à ces défis, il a appelé les Institutions nationales des droits de l’homme (INDH) à renforcer leur indépendance, leurs capacités d’anticipation et leur expertise technique, notamment en matière de suivi des politiques publiques et de prévention des violations.

Pour James MOUANGUE KOBILA, président de la Commission des droits de l’homme du Cameroun et nouveau président du RINADH, les INDH constituent « un maillon opérationnel déterminant » entre les engagements juridiques pris par les États africains et leur application concrète sur le terrain. Il a insisté sur la nécessité d’une meilleure synergie entre les mécanismes africains et universels, saluant la présence conjointe des responsables de la Commission africaine et de l’Alliance mondiale des INDH.


Placée sous le signe du renforcement du système africain des droits humains, la conférence ambitionne de promouvoir une approche plus participative et enracinée dans les réalités africaines, en intégrant la société civile, les universitaires, les autorités traditionnelles et la jeunesse.

Au-delà des discours, les participants ont formulé des recommandations concrètes pour consolider l’État de droit et faire des INDH des acteurs centraux de la prévention des crises, dans la perspective de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Un enjeu majeur, alors que l’Afrique cherche à conjuguer paix, gouvernance démocratique et respect effectif des droits fondamentaux.

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