Retrait de la CAN au Sénégal : Le tacle de Léandre Nzié

En attribuant la CAN 2025 au Maroc sur tapis vert, la CAF bafoue la Loi 5.2 de l'IFAB, souligne Léandre Nzié. L'issue du terrain aurait dû rester sacrée.

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C’est un véritable séisme qui secoue le football africain depuis la décision du jury d’appel de la Confédération Africaine de Football (CAF) de destituer le Sénégal de son sacre à la CAN 2025 au profit du Maroc. Une victoire sur tapis vert (3-0) justifiée par l’interruption temporaire de la finale par les Lions de la Teranga. Pourtant, à l’analyse stricte des textes, cette décision suscite une vive controverse. Pour le journaliste sportif Léandre Nzié, la CAF a tout simplement franchi la ligne rouge de l’orthodoxie juridique.

Le coup de sifflet final, une sentence irrévocable

Au cœur de l’argumentaire se trouve une disposition fondamentale : la Loi 5.2 de l’IFAB. Celle-ci stipule de manière univoque que « les décisions de l’arbitre sur des faits en relation avec le jeu sont définitives ». Lors de cette finale électrique à Rabat, l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala Ngambo n’a pas mis un terme définitif à la rencontre au moment de la sortie des joueurs sénégalais. En les autorisant à revenir sur la pelouse et en sifflant la fin du match sur le score de 1-0 en faveur du Sénégal, l’officiel a validé la continuité et l’issue sportive de la confrontation.

« En procédant à son tour à la remise du trophée, la CAF a de facto homologué ce résultat », analyse Léandre Nzié. Revenir sur cette consécration institutionnelle est une procédure rarissime dans l’histoire moderne du ballon rond.

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Sanction disciplinaire contre vérité du terrain

L’instance faîtière s’appuie sur les articles 82 et 84 de son règlement, sanctionnant le refus de jouer ou l’abandon de terrain. Si le mouvement d’humeur sénégalais constitue indéniablement une faute passible de lourdes amendes financières ou de suspensions individuelles, justifie-t-il pour autant l’annulation rétroactive d’une compétition achevée ?

Pour Léandre Nzié, la lecture de la CAF manque cruellement de nuance. La rencontre étant allée à son terme réglementaire, la sanction maximale du forfait ne saurait s’appliquer a posteriori. Seules des circonstances exceptionnelles d’une extrême gravité – à l’instar d’un dopage institutionnalisé ou d’un réseau avéré de corruption arbitrale – pourraient légalement destituer un champion ayant soulevé le trophée.

En inversant le résultat sur une base disciplinaire contestable, la CAF crée un dangereux précédent, reléguant la vérité du rectangle vert au second plan des luttes d’influence dans les bureaux.

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