C’est un coup de massue qui s’abat sur les importateurs. Depuis ce lundi 7 septembre 2026, la compagnie maritime CMA CGM impose le paiement d’une caution avant toute relâche de marchandise dans les ports desservis, dont Abidjan. Les montants sont sans précédent : 2 millions de FCFA pour un conteneur 40 pieds sec, et 5 millions de FCFA pour un conteneur 40 pieds frigorifique.
Des montants cinq fois supérieurs à la norme du marché
Pour mesurer l’ampleur de la décision, il suffit de la comparer aux pratiques habituelles du secteur. Les compagnies maritimes qui appliquent des frais de caution facturent généralement 200 000 FCFA pour un conteneur de 20 pieds et 400 000 FCFA pour un 40 pieds. CMA CGM a choisi de facturer cinq fois plus. Un écart que les professionnels du secteur qualifient d’abusif et d’injustifiable au regard des standards du marché.
Un capital immobilisé, des activités paralysées
Les conséquences concrètes sont immédiates. Un importateur de denrées alimentaires oignon, pomme de terre, produits nécessitant une chaîne du froid devra débourser 5 millions de FCFA de caution par conteneur frigorifique avant de récupérer sa marchandise. Cette somme ne lui sera remboursée qu’une fois le conteneur retourné vide au parc de l’armateur une procédure qui prend habituellement plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Pour les petits et moyens importateurs, le calcul est brutal : une partie significative de leur fonds de roulement sera immobilisée auprès de CMA CGM, sans possibilité d’en disposer pour honorer leurs fournisseurs, régler leurs charges ou financer de nouvelles commandes. La poursuite normale de leurs activités est directement menacée.
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Un préavis indécent : quatre jours pour s’adapter
Ce qui aggrave le ressentiment des opérateurs, c’est le délai accordé pour s’adapter à cette décision. Le courrier officiel de CMA CGM est daté du 3 septembre 2026. L’application effective : le 7 septembre. Quatre jours. Quatre jours pour trouver des millions de FCFA de trésorerie supplémentaire, alors que des conteneurs sont déjà en mer, sur des navires de la compagnie, à destination d’Abidjan.
Changer de compagnie maritime est une option pour les prochaines commandes. Mais pour les marchandises actuellement en transit, les importateurs n’ont aucune alternative : payer ou voir leur cargaison bloquée au port.
Un signal alarmant pour la chaîne d’approvisionnement régionale
Au-delà du cas individuel de chaque importateur, c’est toute la chaîne d’approvisionnement en denrées alimentaires qui risque d’être perturbée. Des retards de livraison, des ruptures de stock et une pression supplémentaire sur les prix à la consommation pourraient découler directement de cette décision, dans un contexte économique déjà tendu pour les ménages.
Les importateurs et associations professionnelles du secteur appellent à une révision urgente de cette mesure, et attendent une réaction des autorités portuaires et commerciales compétentes.




