À Awae, dans la périphérie de Yaoundé, un signal fort a été lancé le 27 mars 2026 : celui d’un basculement assumé vers un modèle où l’étudiant devient acteur économique avant même d’être diplômé. La signature de l’accord-cadre tripartite entre la Filière Banane Plantain du Cameroun (FBPC), la Green Spring Digital University (GSDUI) et l’Empowerher Tech Foundation (EHTF) marque un tournant stratégique dans la lutte contre le chômage des jeunes.

Porté par les ambitions de la SND30 et soutenu par une enveloppe de 50 milliards de FCFA allouée aux projets jeunes dans la loi de finances 2026, ce programme entend concilier formation, production et insertion. Son credo, aussi simple que percutant : « Un jeune, une plantation de banane plantain, un marché, un compte bancaire ».

Derrière ce slogan, une mécanique bien huilée : 10 000 étudiants incubés en cinq ans, 10 000 entreprises créées, avec à la clé des débouchés sécurisés grâce à des contrats d’achat. Mieux encore, la phase pilote annonce déjà la couleur : 27 étudiants pour un chiffre d’affaires projeté de 45 millions de FCFA en seulement dix mois.

Au-delà des chiffres, c’est une révolution silencieuse qui s’opère. Les campus deviennent des pôles de production, avec l’installation d’unités de transformation pour générer de la valeur ajoutée locale. L’objectif est clair : renforcer la souveraineté alimentaire tout en redonnant de la viabilité financière aux instituts privés.

La cérémonie, présidée par le ministre de l’Agriculture Gabriel MBAÏROBÉ, a également vu la remise de kits d’amorçage et le lancement d’une immersion technique à Kribi, symbole d’un apprentissage ancré dans le réel.
Loin d’un simple projet académique, cette initiative redéfinit l’agriculture : non plus un choix par défaut, mais une réponse structurée et ambitieuse au défi du chômage de masse au Cameroun.




