Ce lundi 7 septembre 2026, à 7h30 précises, les cloches ont retenti dans les écoles, lycées et collèges du Cameroun pour lancer l’année scolaire 2026-2027. Plus de huit millions d’élèves ont retrouvé les bancs de l’école, sous les regards attentifs de leurs parents, de leurs enseignants et des responsables administratifs. Mais derrière le rituel de la rentrée se cache une réalité plus sombre : l’école camerounaise entre dans cette nouvelle année avec de lourds défis sur les épaules.
Le numérique et l’IA au cœur des ambitions officielles
Sur le plan pédagogique, les ministres en charge de l’Éducation de base et des Enseignements secondaires ont placé cette année sous le signe de la transformation numérique, notamment l’intégration de l’intelligence artificielle dans les pratiques éducatives. Une ambition que le président Paul Biya a inscrite dans le cadre de l’Objectif de Développement Durable n°4 : garantir à chaque élève un accès à une éducation de qualité, équitable et inclusive.
Des recrutements monnayés, des enseignants qui fuient
Mais la réalité du terrain raconte une autre histoire. Malgré les campagnes de la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC), des places dans les lycées de Yaoundé et d’autres villes s’échangeraient contre des sommes pouvant atteindre 100 000 FCFA. Parallèlement, des centaines d’enseignants continuent de quitter la profession, attirés par de meilleures perspectives à l’étranger ou dans d’autres secteurs, laissant de nombreuses salles de classe sans encadreurs suffisants. Les rares qui restent réclament à nouveau de meilleures conditions de travail une revendication qui reste sans réponse satisfaisante.
Le Nord-Ouest et le Sud-Ouest : une rentrée sous escorte militaire
Neuf ans après le début de la crise anglophone, les élèves du Nord-Ouest et du Sud-Ouest reprennent le chemin de l’école sous haute surveillance militaire. Selon l’UNICEF, plus de 865 000 enfants restent encore privés d’un accès normal à l’éducation dans ces deux régions. Le spectre des boycotts scolaires, des enlèvements et des affrontements armés pèse sur des milliers de familles. Chaque rentrée représente un acte de courage dans ces zones de tension.
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Féminicides, vols d’enfants : l’insécurité s’invite dans les cours de récréation
À ce contexte sécuritaire s’ajoute une onde de choc. Ainsi, elle résulte de la recrudescence des féminicides et des cas de vols d’enfants signalés ces dernières semaines. Une crise multiforme qui accentue l’anxiété des parents au moment de confier leurs enfants aux établissements scolaires.
Les arriérés de l’État privent des familles de liquidités
La situation économique se détériore car l’accumulation des arriérés de paiement du Trésor public fragilise de nombreuses PME prestataires. Ces entreprises, engagées dans la commande publique, peinent à honorer leurs engagements et à payer leurs salariés. Incapables d’honorer leurs engagements salariaux, ces entreprises ne versent que rarement des avances de rentrée. Sans fonds disponibles, de nombreux parents ne peuvent régler la première tranche des frais de scolarité ou acheter les fournitures. Des enfants risquent ainsi de manquer les premiers jours de classe, non par désintérêt, mais par contrainte économique.
La foire du Boulevard du 20 mai pour amortir le choc
Pour atténuer le poids financier de la rentrée, une foire promotionnelle a été organisée par le ministère du Commerce. Elle avait lieu sur le Boulevard du 20 mai à Yaoundé. Elle a été visitée le 4 septembre par le ministre Mbarga Atangana. Manuels scolaires, fournitures et produits de grande consommation y étaient proposés à des prix réduits. Cette initiative a, en dix ans, gagné le statut de tradition républicaine. Cependant, sa portée est limitée par les difficultés structurelles.




