À quelques jours du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) au Maroc, le Cameroun peut enfin respirer. Le conflit surréaliste qui opposait le sélectionneur Marc Brys au président de la Fédération, Samuel Eto’o, vient de prendre fin. Selon nos confrères du journal flamand Het Laatste Nieuws, le technicien belge a officiellement remis sa démission et percevra 65 000 euros (soit 42 millions et demi de fcfa) d’indemnités de départ. Une conclusion rapide pour une crise qui a durablement ébranlé le football camerounais.

Pendant des semaines, le banc des Lions Indomptables a été le théâtre d’un affrontement institutionnel embarrassant. D’un côté, Samuel Eto’o, qui avait unilatéralement nommé un nouvel entraîneur, et de l’autre, Marc Brys, toujours sous contrat avec le ministère des Sports, refusant de céder sa place.
Cette guerre de pouvoir a atteint son paroxysme avec la publication de deux listes distinctes pour la CAN.
La première, établie par David Pagou, le successeur désigné par Eto’o, avait créé la stupeur en écartant des cadres majeurs comme André Onana, Vincent Aboubakar ou encore Michael Ngadeu. Quelques jours plus tard, Marc Brys publiait sa propre sélection, plongeant le pays dans une confusion totale.
Le sélectionneur belge n’avait pas hésité à dénoncer ce qu’il considérait comme un sabotage délibéré, visant ouvertement le président de la FECAFOOT.
« Comment peut-on aller à la Coupe d’Afrique sans un gardien de classe mondiale ? Ou sans des leaders comme Aboubakar ? Ça ne me surprend pas. Ça vient de quelqu’un de narcissique », avait-il lancé, résumant l’absurdité de la situation qui a alimenté les moqueries sur les réseaux sociaux.
La démission de Marc Brys permet au Cameroun d’aborder la Coupe d’Afrique des Nations avec un semblant de clarté institutionnelle. Le pays doit désormais se concentrer sur la compétition qui débute dans moins d’une semaine au Maroc, avec un premier match prévu face au Gabon le 24 décembre.
Reste la question cruciale : l’équipe nationale, meurtrie par des semaines de chaos et potentiellement privée de plusieurs cadres majeurs en raison de ces conflits de listes, pourra-t-elle faire honneur à son statut historique lors de cette CAN ? L’épilogue financier de cette crise apporte une solution administrative, mais l’impact psychologique et sportif sur les Lions Indomptables demeure une source d’inquiétude majeure.





