Douala, le 18 février 2026 – Coup de tonnerre à l’aéroport international de Douala. Dans ce qui est décrit comme l’une des opérations les plus spectaculaires de la décennie, les douanes camerounaises ont mis la main sur une cargaison de stupéfiants d’une valeur marchande vertigineuse : 50 milliards de FCFA (environ 90 millions de dollars).
Un renseignement de « haut niveau »
L’opération, coordonnée par le Service principal de la surveillance des Douanes, ne doit rien au hasard. Selon une note du ministre des Finances, Louis Paul Motaze, l’interception a été rendue possible grâce à des « renseignements ciblés de haut niveau ».
Les enquêteurs ont ciblé six cargaisons suspectes transportées par deux compagnies aériennes, l’une européenne et l’autre africaine. Pour tromper la vigilance des douaniers, les trafiquants avaient déclaré ces produits comme étant de simples fournitures médicales.
Cocaïne allemande et tramadol indien : les chiffres du trafic
Le bilan de la saisie, totalisant 2 491 kg, donne le tournis et révèle l’ampleur des réseaux internationaux transitant par le Cameroun :
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1 057 kg de cocaïne en provenance d’Allemagne ;
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1 434 kg de tramadol expédiés depuis l’Inde et le Soudan du Sud.
Cette prise a permis d’empêcher la mise sur le marché noir de près de 27 millions de comprimés de tramadol, un opioïde dont l’abus fait des ravages au sein de la jeunesse et alimente l’insécurité.
La justice saisie à Douala-Bonanjo
Conformément au Code des Douanes de la CEMAC, l’administration a immédiatement passé le relais au pouvoir judiciaire. Le corps du délit, les procès-verbaux et les lettres de transport aérien ont été remis au Procureur de la République près le Tribunal de grande instance du Wouri à Douala-Bonanjo.
Les 1,4 tonne de tramadol sont actuellement sous scellés. Les autorités travaillent déjà en étroite collaboration avec des instances régionales pour organiser la destruction rapide de ces produits prohibés.
Le transport aérien sous haute surveillance
Cette saisie record intervient après une autre opération majeure en juillet dernier (9 milliards FCFA de drogue interceptés). Elle confirme que l’aéroport de Douala est devenu une zone de transit stratégique pour les cartels internationaux.
Face à cette menace pour la santé publique et la sécurité nationale, le gouvernement camerounais a annoncé un renforcement drastique des contrôles aux frontières aériennes. Le message est clair : le Cameroun ne sera pas un sanctuaire pour les trafiquants.
Fabrice SIEWE




