À Kribi, le mégaprojet de raffinerie et de dépôt de réserves stratégiques « CSTAR » promet de générer près de 2 500 emplois directs et indirects. Au-delà des chiffres, cette infrastructure s’inscrit comme un virage vers la souveraineté économique et la transformation structurelle portée par la SND30.
Chaque année, des centaines de milliers de jeunes Camerounais font leur entrée sur un marché du travail dont les secteurs traditionnels peinent à absorber le dynamisme démographique. Dans ce contexte où la création d’emplois décents n’est plus seulement un indicateur macroéconomique, mais un impératif de stabilité sociale, le secteur énergétique national s’apprête à jouer un rôle de catalyseur. Le projet « CSTAR » (complexe de raffinage et dépôt de stockage de 250 000 tonnes métriques) ambitionne de redéfinir la donne en devenant un moteur industriel de long terme.
L’effet multiplicateur : 2 500 emplois attendus
Dans le secteur de l’énergie, la valeur d’un investissement ne se comptabilise plus uniquement en barils, mais en compétences locales capitalisées. Dès sa phase de construction, le projet mobilisera une chaîne de valeur dense : ingénieurs, logisticiens et sous-traitants locaux.
En phase d’exploitation, l’infrastructure pivotera vers des postes stables à forte valeur ajoutée (maintenance, sécurité des systèmes, analyse technique). Selon les modèles économiques sectoriels, un emploi direct dans le raffinage génère trois à cinq emplois indirects. Pour CSTAR, les projections tablent sur un écosystème global d’environ 2 500 emplois, dynamisant le pôle de Kribi et l’économie nationale.
CSTAR et la SND30 : rompre avec l’économie de rente
Pendant plusieurs décennies, le modèle de nombreuses économies d’Afrique subsaharienne a reposé sur l’exportation de matières premières brutes et l’importation de produits finis à forte valeur ajoutée. CSTAR propose un changement de paradigme aligné sur la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30) du Cameroun.
En relocalisant le processus de transformation et en sanctuarisant des réserves stratégiques, le pays retient la valeur ajoutée sur son territoire. Le projet se positionne ainsi comme une véritable « école industrielle », capable d’offrir des rémunérations compétitives et de rehausser les standards techniques de la main-d’œuvre locale.
Kribi, future plaque tournante de la CEMAC
L’autre actif stratégique de ce projet réside dans son ancrage géographique. Idéalement située, la cité portuaire de Kribi possède les infrastructures maritimes nécessaires pour projeter le Cameroun comme le hub énergétique et logistique de la zone CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale).
Cette ouverture régionale devrait intensifier la demande en services techniques spécialisés et pérenniser les filières industrielles connexes. Plus qu’une infrastructure énergétique, CSTAR se dessine comme un instrument de souveraineté économique, démontrant que l’industrie reste le pont le plus solide vers une croissance durable.




