Dès le 31 janvier 2026, le centre d’art Doual’art transforme la capitale économique du Cameroun en un laboratoire de réflexion. À travers l’exposition collective internationale « VILLE CRUELLE », dix-sept artistes mondiaux confrontent leurs pinceaux et leurs objectifs au texte fondateur de Mongo Beti. Un choc esthétique et politique entre littérature classique et modernité visuelle.

C’est un texte qui, soixante-douze ans après sa parution sous le pseudonyme d’Eza Boto, n’a rien perdu de sa morsure. Ville cruelle (1954) n’est plus seulement un classique des bibliothèques ; il devient, le temps d’une saison à Douala, une matière vivante, visuelle et sonore.
Du 31 janvier au 24 avril 2026, l’espace Doual’art propose une immersion inédite. Sous le commissariat scientifique de Marie Deparis-Yafil et la muséographie de Patrick Ngouana, l’exposition invite à une relecture audacieuse de l’œuvre d’Alexandre Biyidi Awala, plus connu sous le nom de Mongo Beti.
Un pont entre les générations et les continents
Si Mongo Beti a passé sa vie à disséquer les mécanismes de l’oppression coloniale et les injustices sociales, l’exposition « VILLE CRUELLE » prouve que son regard reste une boussole pour comprendre le monde actuel.
Dix-sept artistes issus du Cameroun, de la RDC, du Sénégal, du Maroc, mais aussi de France, de Cuba et de Serbie, se sont emparés du récit initiatique du jeune Banda. À travers tous les médiums — peinture, installation, photographie, vidéo — ces créateurs témoignent de l’universalité des thèmes chers à l’auteur : l’émancipation des femmes, le rapport de force entre l’homme et la nature, ou encore l’implacable machine urbaine qui broie les destins.
La ville comme personnage central
Dans le roman de Beti, la ville est un monstre de béton et d’injustices. Dans l’exposition, elle devient un espace de dialogue. La muséographie de Patrick Ngouana semble avoir été pensée pour refléter cette dualité : entre la nostalgie des racines et la violence de la modernité.
Le choix des artistes, de Cuba à la Serbie, n’est pas anodin. Il souligne que la « cruauté » de la ville décrite par Beti n’est pas seulement camerounaise, elle est globale. En transposant les luttes de 1954 dans les enjeux de 2026, les artistes proposent un « dialogue nécessaire » avec le patrimoine littéraire africain.
Un rendez-vous intellectuel et festif
L’événement ne se limite pas aux murs de la galerie. Le coup d’envoi sera donné dès le 30 janvier avec un vernissage qui s’annonce comme le point de ralliement de l’intelligentsia et de la jeunesse créative africaine. Le lendemain, le 31 janvier, une conférence-débat permettra d’approfondir les liens entre l’engagement politique de Mongo Beti et les formes actuelles de résistance artistique.
Alors que le préambule de la première édition de Ville cruelle rappelait qu’Eza Boto n’avait que 22 ans lors de l’écriture du livre, cette exposition rend hommage à cette jeunesse éternelle, celle qui refuse de se taire face à l’injustice.
À Douala, l’ombre de Mongo Beti plane à nouveau, non plus pour dénoncer seulement, mais pour inspirer la création d’un monde moins cruel.
Informations Pratiques :
- * Lieu : Espace Doual’art, Douala (Cameroun).
- * Dates : Du 31 janvier au 24 avril 2026.
- * Vernissage : 30 janvier 2026.
- * Temps fort : Conférence-débat le 31 janvier 2026.
- * Commissaires : Marie Deparis-Yafil & Patrick Ngouana.




