Le Festival international du manioc a présenté sa feuille de route des trois prochaines années au cours d’un déjeuner de presse à Douala le 30 novembre 2025.

Les locaux de l’ONG Femme Action et Developpement au Cameroun ( FADEC) se sont transformés en un lieu de restauration le temps d’un déjeuner de presse avec du manioc au menu. Comme plat résistance : bilan et perspectives du Festival International ALL KASSAVA. la promotrice de l’événement, Yvette DOUME BANLOG, lève le couvert en dressant le point des deux premières éditions : création d’un incubateur de jeunes entrepreneurs, la mise en lumière des acteurs de la chaîne de valeur manioc, le lancement de la plateforme Kassava store et la promotion de l’innovation, de la transformation locale et de la consommation des produits dérivés du manioc. Des résultats qui aiguisent davantage d’appétits. L’on se projette avec une recette plus ambitieuse.
Le festival international du manioc se fixe des objectifs clairs et mesurables d’ici l’horizon 2028, en accord avec les orientations gouvernementales : – produire et transformer localement 5 millions de tonnes supplémentaires de manioc, pour la production domestique et industriel ; – intégrer au moins 5000 femmes supplémentaires dans la chaîne de valeur du manioc, de la production à la transformation, en passant par la commercialisation et l’innovation ; – fournir une éducation financière à 2000 femmes et jeunes de la filière manioc ; – réduire les importations d’amidon ; – maintenir la dynamique veille permanente autour de la question manioc en organisant le festival annuellement ; – maintenir la sensibilisation et la vulgarisation autour des techniques innovantes avec pour finalité de conduire a la structuration de la filière
; – valoriser les produits à haute valeur ajoutée ( parfums, eux thermales, alcools…), etc.

A travers ce plan d’actions s’étalant sur trois ans, ALL Kassava entend se positionner comme la plateforme référentielle de valorisation de la filière manioc. Mais avant d’y arriver, il faut prioritairement adresser la question de la production encore très loin des attentes. » En 2024, la production nationale de manioc est estimée à 19 millions de tonnes, alors que la demande réelle à couvrir atteint près de 50 millions de tonnes par an. Ce gap important révèle a la fois un defi majeur et une opportunité économique, sociale et industriel considérable pour le Cameroun », relève la promotrice du festival qui rassure pourtant que le potentiel foncier est là. « Environ 330 000 hectares de plantations recensés en 2020. Cependant rendements restent encore trop faibles oscillant entre 14 et 15 tonnes par hectares et par an, alors qu’aujourd’hui, grâce à la recherche et à l’innovation agricole, les rendements peuvent atteindre 30 à 60 tonnes par hectares ».

Pour passer du discours aux actes, des projections à la concrétisation, le festival compte sur l’implication réelle du gouvernement, des collectivités territoriales décentralisées, des partenaires au développement, de la société civile et des médias, pour une fédération d’énergies autour de la chaîne de valeur manioc en vue de la croissance économique du Cameroun et de l’Afrique centrale.

La 3ème édition du Festival International du Manioc All Kassava est annoncée pour novembre 2026 dans la capitale économique sous le thème : » L’apport du manioc dans le développement industriel du Cameroun à l’aune de l’import substitution ». Le déjeuner de presse auquel prenaient part les représentants du MINADER, du MINPMEESA et du MINPROFF, s’est achevé par un moment de dégustation de petites gourmandises faites à base de farine et de peau de manioc, fruits de l’ingéniosité de trois jeunes femmes entrepreneures soutenues par le festival.




