Cameroun : journalistes arrêtés suite aux expulsions Trump

Quatre reporters enquêtant sur un programme secret d’expulsion de l’administration Trump ont été arrêtés à Yaoundé. Leur matériel a été saisi par la police.

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.La liberté de la presse et les droits de l’homme sont au cœur d’une vive polémique au Cameroun. Mardi 17 février, quatre journalistes et un avocat ont été interpellés alors qu’ils enquêtaient sur un programme opaque d’expulsion de migrants orchestré par les États-Unis.

Une arrestation musclée en plein reportage

L’incident s’est produit dans un complexe étatique de Yaoundé, la capitale. Parmi les personnes interpellées figurent une équipe de l’Associated Press (AP) composée d’un rédacteur, d’un photographe et d’un vidéaste  ainsi que Randy Joe Sa’ah, journaliste indépendant collaborant régulièrement avec la BBC, et Joseph Awah Fru, un avocat local.

Selon les témoignages recueillis après leur libération, les conditions de détention ont été brutales. Un reporter de l’AP aurait été frappé par les forces de l’ordre.

« Ils ont été séparés et interrogés pendant des heures », a rapporté Me Fru.

Bien que tous aient été relâchés, la police a confisqué téléphones, caméras et ordinateurs, invoquant la saisie de « données gouvernementales sensibles ».

Le mystère des « déportés de l’ombre »

Ces journalistes travaillaient sur une révélation majeure du New York Times : l’existence d’un centre de détention au Cameroun pour des migrants africains expulsés des États-Unis par le département de la Sécurité intérieure (DHS).

Le point le plus troublant reste l’identité des détenus. Aucun de ces migrants n’est citoyen camerounais. Plus grave encore, la plupart bénéficiaient de protections juridiques sur le sol américain, les tribunaux ayant formellement interdit leur renvoi vers leurs pays d’origine en raison de risques de persécution.

Un accord secret entre Washington et Yaoundé ?

L’administration Trump n’a communiqué aucun accord officiel avec le Cameroun concernant l’accueil de ressortissants tiers. Interrogé, le Département d’État s’est refusé à tout commentaire sur ses « communications diplomatiques ».

Certains migrants, arrivés en janvier, affirment subir des pressions des autorités locales pour retourner dans leur pays d’origine sous peine d’une détention indéfinie au Cameroun. Des experts soupçonnent des accords financiers opaques (« cash for deportees ») entre les deux gouvernements.

« L’État ne peut pas empêcher le public de savoir où il garde des expulsés qui ne sont même pas ses citoyens », a fustigé Me Joseph Awah Fru. « Cela renforce l’idée de transactions louches conclues dans l’ombre. »

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