Depuis le 1er janvier 2026, une nouvelle donne fiscale encadre l’économie numérique au Cameroun. Entre imposition des multinationales étrangères et clarifications sur le statut des créateurs de contenus, l’État affine sa stratégie de captation de la valeur technologique.
La Loi de Finances 2026 marque un tournant dans la souveraineté fiscale du Cameroun face à la dématérialisation des échanges. La mesure phare concerne l’instauration d’un impôt minimum de 3% sur le chiffre d’affaires réalisé localement par les entreprises numériques opérant depuis l’étranger.
Netflix, Amazon et TikTok dans le viseur
Jusqu’ici, de nombreuses plateformes internationales généraient des revenus importants sur le territoire camerounais sans y posséder de présence physique (bureau ou siège social). Désormais, la loi fixe des critères précis pour l’imposition :
* Disposer d’au moins 1 000 consommateurs actifs au Cameroun.
* OU Réaliser un chiffre d’affaires annuel hors taxe d’au moins 50 millions de FCFA.
Cette taxe de 3% vise essentiellement les « Gafam » et autres services de streaming ou réseaux sociaux qui, bien que basés hors frontières, tirent profit du marché camerounais.
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« Taxe Influenceurs » : Halte aux idées reçues
Le débat sur la « taxe influenceur » a souvent entretenu la confusion. Il est important de préciser qu’en 2026, il n’existe pas de loi spéciale dédiée uniquement aux créateurs de contenus. La règle fiscale repose sur une logique simple : c’est le revenu, et non la popularité, qui est imposable.
* Le critère de l’argent, pas des abonnés : Un créateur de contenu n’est pas taxé sur son nombre de « followers », mais sur les revenus réels issus de la publicité, des partenariats et des prestations de services.
* Le rappel de 2024 : Il faut noter que le dispositif légal s’appuie sur la réforme de 2024, qui avait déjà instauré un taux allégé de 5% sur les revenus générés par les particuliers via les plateformes (vente de services, économie collaborative). C’est ce prélèvement qui est communément, bien que de manière imprécise, appelé « taxe influenceur ».
Une volonté de justice fiscale
Pour l’administration fiscale, l’objectif est double : élargir l’assiette fiscale en intégrant des flux financiers qui échappaient autrefois au Trésor Public, et assurer une forme de justice vis-à-vis des entreprises locales qui, elles, sont soumises à toutes les charges fiscales classiques.
En ciblant les plateformes étrangères à partir du seuil de 50 millions de FCFA, le Cameroun s’aligne sur une tendance mondiale de régulation des géants du numérique, tout en rappelant aux acteurs locaux que le numérique est désormais un secteur d’activité économique à part entière, soumis aux devoirs citoyens.




