Le Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM) vient de rendre public son rapport d’évaluation suite aux tensions nées du scrutin d’octobre 2025. Un choc sévère qui impose aujourd’hui une thérapie de choc structurée autour de quatre axes prioritaires.

L’économie camerounaise vacille, mais le patronat propose des solutions. Selon une enquête approfondie menée auprès de 289 entreprises pesant près de 5 000 milliards de FCFA de chiffre d’affaires, le constat est sans appel : la crise post-électorale a amputé l’économie nationale de 202,2 milliards de FCFA de pertes directes entre le 26 octobre et le 5 novembre 2025.
Un secteur privé à bout de souffle
L’onde de choc a frappé 94 % des structures. Avec une contraction moyenne du chiffre d’affaires de 33,5 %, des pans entiers de l’économie sont aujourd’hui en zone de turbulences critiques. L’hôtellerie-restauration (–53,4 %) et le secteur de la construction (–44,6 %) paient le tribut le plus lourd.

À Douala, poumon économique et épicentre des troubles, les pertes s’élèvent à 160,5 milliards de FCFA. Au-delà des chiffres, c’est la solvabilité même du tissu productif qui est en jeu : 44 % des entreprises déclarent ne plus pouvoir honorer leurs obligations fiscales, mettant en péril les recettes de l’État (43,3 milliards de manque à gagner fiscal).
Les 4 leviers pour sauver l’économie
- L’urgence fiscale (72 % de priorité) : Le patronat appelle à des allègements ciblés, un moratoire sur les contrôles fiscaux et un report des échéances pour redonner de l’oxygène aux trésoreries exsangues.
- Le soutien financier direct (51 %) : La mise en place de subventions et de lignes de crédit est jugée vitale, particulièrement pour les TPE qui constituent le socle de l’emploi local.
- Infrastructures et Sécurité (46 %) : La réhabilitation des outils de production endommagés par les vandales (vols et incendies estimés à plus de 9 milliards) et la sécurisation pérenne des zones industrielles.
- Fluidité logistique : Une mesure forte est suggérée : la suspension temporaire des contrôles routiers sur les corridors majeurs afin de rétablir les circuits d’approvisionnement rompus pendant les « villes mortes ».
Un climat social et managérial préoccupant

L’étude révèle également une facette humaine plus sombre : 17,3 % des entreprises ont déjà dû procéder à des licenciements. Le moral des dirigeants est au plus bas, 81 % d’entre eux qualifiant le climat des affaires de « critique » ou « très préoccupant ».
Le rapport du GECAM ne se veut pas seulement un cri d’alarme, mais un appel à une concertation urgente entre l’État et le secteur privé. Pour le patronat, la rapidité de la réponse gouvernementale déterminera la capacité du Cameroun à stabiliser sa trajectoire de croissance pour 2026.




