Alors que la distribution de la prime d’excellence académique du Chef de l’État bat son plein, l’Université de Dschang (UDs) se retrouve au cœur d’une vive polémique. Entre taxes de retard arbitraires et exclusions injustifiées, les étudiants crient au racket institutionnalisé.
Jadis citadelle du savoir, l’Université de Dschang est aujourd’hui le théâtre de pratiques qui indignent la communauté estudiantine. Au centre de la discorde : la gestion des 50 000 FCFA alloués par le Président de la République pour récompenser le mérite. Selon plusieurs témoignages concordants, l’administration aurait mis en place un système de ponction systématique, amputant les bourses de ceux qui font la fierté académique du pays.
Un « racket » à 40 % sur le dos des étudiants
L’anomalie la plus flagrante concerne l’instauration d’une prétendue « taxe de retard ». Tout bénéficiaire ne se présentant pas dans les délais extrêmement courts imposés par l’université se voit prélever la somme de 20 000 FCFA. Une sanction sans base légale qui réduit la prime de 40 % avant même qu’elle ne touche la main de l’étudiant.
« C’est du gangstérisme administratif. On nous vole à visage découvert sous prétexte de logistique », s’insurge un étudiant sous couvert d’anonymat par crainte de représailles.
Méritocratie piétinée et critères opaques
L’indignation ne s’arrête pas là. L’administration de l’UDs est également accusée d’exclure les anciens étudiants désormais insérés dans la vie professionnelle. Sous le motif fallacieux que ces derniers perçoivent déjà un salaire, l’université leur refuse leur dû.
Cette confusion entre aide sociale et prix d’excellence est perçue comme une trahison de l’esprit même de cette dotation présidentielle créée en 2010. La prime est une récompense pour un travail accompli l’année précédente, et non une allocation basée sur le besoin financier actuel.
Un système de corruption enraciné ?
Les griefs portés contre l’UDs semblent révéler une gangrène plus profonde :
* Paiements partiels : Certains étudiants affirment n’avoir perçu que 20 000 ou 25 000 FCFA au lieu des 50 000 prévus.
* Intimidations : Des comportements méprisants aux guichets et des menaces académiques visent à maintenir l’omerta.
* Silence des autorités : Malgré l’ampleur des dénonciations sur les réseaux sociaux, le Ministère de l’Enseignement Supérieur ne s’est pas encore officiellement prononcé.
L’urgence d’une reddition de comptes
Pour les 5 630 bénéficiaires répertoriés, l’heure tourne. La date butoir de distribution est fixée au 30 janvier. Au-delà de l’enjeu financier, c’est la crédibilité de l’institution universitaire et le respect de la vision présidentielle qui sont en jeu. Comment bâtir l’émergence à l’horizon 2035 si l’élite de demain est spoliée par ses propres maîtres ?




