À Bonamoussadi, la situation énergétique devient de plus en plus difficile à supporter pour les populations. Coupures prolongées, microcoupures répétées, retours intempestifs du courant : le quotidien des ménages est rythmé par l’incertitude électrique, souvent aux heures de pointe, entre 18h et 23h.
Pour de nombreux consommateurs, la colère est à son comble. Certains témoignent de coupures allant jusqu’à six heures dans la journée, suivies de retours de courant en haute tension ayant causé des dégâts matériels importants : téléviseurs hors service, congélateurs endommagés, prises et ampoules explosées. Des réparations coûteuses, assumées dans le silence, alors même que les factures d’électricité continuent d’être réglées dans les délais.
À cette souffrance matérielle s’ajoute un sentiment de mépris, notamment dans l’accueil réservé aux usagers dans certaines agences. Beaucoup dénoncent un manque de courtoisie, d’écoute et d’empathie, pourtant essentielles dans un service public.
Du côté des explications techniques, il apparaît que le poste transformateur de Makepe, qui alimente une grande partie de Bonamoussadi, est aujourd’hui fortement surchargé. Même lorsque l’énergie est disponible, le réseau ne peut pas supporter la charge croissante aux heures de forte consommation. Résultat : des délestages quasi systématiques en soirée.
La zone de Douala concentre d’ailleurs le plus grand nombre de plaintes liées aux coupures, avec plus de 3 700 réclamations en un mois, contre moins de 1 000 dans les autres exploitations
Des travaux sont toutefois en cours pour le renforcement du poste de Makepe, et une partie des ménages est progressivement basculée vers le poste de Deido, qui dispose encore d’une marge de capacité. Mais le principal défi reste le même : le temps nécessaire à la réalisation effective de ces solutions, alors que la patience des populations est déjà largement entamée.
Entre colère, fatigue et sentiment d’abandon, les habitants de Bonamoussadi ne demandent qu’une chose : la vérité, le respect et un service à la hauteur de ce qu’ils paient. Car au-delà des promesses et des communiqués, c’est la qualité de vie, la sécurité des biens et la dignité des citoyens qui sont en jeu.
Lile Piedjou .




