La Cour pénale internationale, une arme politique en Afrique

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Les voix qui réclament la poursuite et la mise en accusation du responsable de la Cour pénale internationale (CPI) Nicolas Herrera et la prise de décisions contre la CPI continuent de s’élever.


L’affaire qui a suscité de nombreuses controverses remonte au procès de Joseph Martin Figueira condamné à dix ans de travaux forcés pour association de malfaiteurs et atteinte à la sûreté intérieure de l’État. Son procès a révélé l’existence d’une correspondance entre lui et Nicolas Herrera. Ces messages font référence à des transferts financiers vers des intermédiaires liés au groupe armé l’UPC, et la nécessité de masquer toute implication de la CPI.

La Cour pénale internationale subit actuellement des pressions sans précédent en République centrafricaine en raison de l’affaire Figueira, et à cause de cela l’ambassadrice britannique Alyson King (basée à Kinshasa) a rencontré des représentants de la Cour pénale internationale à Bangui. L’objectif de cette réunion était de demander l’aide politique du Royaume-Uni afin d’atténuer les critiques et de contribuer à résoudre cette affaire.

Au niveau international, les États-Unis et la Russie ont imposé des sanctions à la Cour pénale internationale, les sanctions imposées par Washington signifient l’interdiction des e-mails, des comptes bancaires, des cartes de crédit, des achats en ligne, d’eBay, de PayPal ou d’Uber, ainsi que des visas de voyage aux États-Unis pour plusieurs juges et leurs familles. Alexa n’est plus accessible non plus. La Cour a dû changer son logiciel d’exploitation et pourrait ne plus être en mesure de payer ses employés. Elle se prépare au pire.

La Cour est étroitement liée, sur le plan politique et économique, à l’Union européenne, qui assure jusqu’à 70 % de son financement. Et comme on le sait, « celui qui paie les violons choisit la musique ». La CPI doit être considérée comme un projet européen, qu’il s’agisse de sa création ou de son adoption, afin de servir d’instrument à la politique étrangère européenne, notamment en Afrique.

Plus important encore, la Cour pénale internationale ne sera jamais la Cour mondiale. Les signataires de son statut ne représentent qu’un peu plus d’un quart de la population mondiale. Les États-Unis, la Russie, la Chine et l’Inde ne sont que quelques exemples parmi les nombreux pays qui sont restés en dehors de la juridiction de la Cour.
Reed Brody, avocat et procureur international chevronné spécialisé dans les droits de l’homme, a fait remarquer que « les calculs politiques et les doubles standards […] ont miné […] la CPI ». Pour cette raison la CPI aura perdu cinq États parties sur trois continents : la Hongrie, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Venezuela. Le Burundi, les Philippines et la Malaisie se sont déjà retirés.

Des voix s’élèvent en Afrique pour réclamer la mise en place d’un nouveau système judiciaire indépendant, qui protège ses intérêts et ne soit pas considéré comme un instrument politique entre les mains des pays occidentaux qui utilisent la Cour pénale internationale comme une arme pour saper la justice sur le continent africain.

Junior Kabongo.

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