La fiabilité des titres de propriété au Cameroun fait face à une grave crise de confiance. L’annulation récente de plus de 700 titres fonciers dans le très prisé quartier de Japoma, à Douala, vient s’ajouter à une série de décisions judiciaires et administratives qui ébranlent le climat des affaires et fragilisent le secteur bancaire national.
Saisie d’un complexe litige impliquant la Collectivité Villageoise de Japoma-Bakoko, la Chambre Administrative de la Cour Suprême camerounaise a invalidé un titre foncier matricule datant de 2005, portant sur 278 hectares. En conséquence, tous les titres fonciers dérivés acquis au fil des ans par des particuliers et des entreprises ont été balayés d’un revers de main par la Conservation Foncière du Wouri, qui les déclare désormais nuls.
Un risque systémique pour l’économie

Cette affaire de Japoma n’est que la partie émergée d’un dysfonctionnement structurel. Le système d’immatriculation directe, censé offrir une garantie inattaquable par l’État, est régulièrement remis en cause. En août 2026, un arrêté du ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (MINDCAF) avait déjà prononcé la nullité de dizaines de titres fonciers couvrant près de 28 000 hectares dans le département de l’Océan (Sud du pays). De même, des annulations à répétition ont été observées à Douala 5e au début de l’année 2025.

Pour les investisseurs internationaux et les banques locales, cette insécurité foncière systémique représente un risque majeur. Les titres de propriété foncière constituent le socle principal des garanties hypothécaires exigées par les institutions financières pour l’octroi de crédits. L’invalidation a posteriori de centaines de titres, souvent détenus par des acquéreurs de bonne foi victimes de la théorie de l’apparence, prive non seulement des citoyens de leur patrimoine, mais menace directement la liquidité et la sécurité juridique du crédit en Afrique centrale.




