Pendant huit ans, l’usine Metafrique Steel a été présentée comme la propriété d’un investisseur indien, Arun Goswami. Après l’explosion du 2 novembre, la direction écrit que M. Goswami « ne fait pas partie de l’actionnariat ». Dans l’intervalle, cinq personnes sont mortes.
Une explosion à Douala, cinq morts
L’explosion a eu lieu lundi 2 novembre vers 7h30, dans la zone industrielle de Bassa, à Douala, capitale économique du Cameroun. Le bilan au 3 novembre est de cinq morts et seize blessés. L’usine emploierait environ 500 personnes. Une enquête doit établir les causes et les conséquences éventuelles.
Un premier incendie avait touché l’usine dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2026, faisant plusieurs blessés graves. Les activités avaient repris. Selon le gouverneur du Littoral, les mesures de prévention prescrites après les sinistres précédents n’avaient pas été effectivement mises en œuvre. Le ministre par intérim des Mines a depuis instruit la fermeture totale de l’entreprise. Il s’agit d’une mesure conservatoire, dans l’attente de l’enquête.

Un groupe, un fondateur, un actionnariat flou
Metafrique Steel est une filiale du groupe indien Metafrique. Installée au Cameroun depuis une quinzaine d’années, elle recycle des déchets ferreux pour produire du fer à béton et de l’acier. Arun Goswami est présenté comme le fondateur du groupe. Mais s’il n’est pas actionnaire de la filiale camerounaise, la question de son contrôle réel reste ouverte.
Le média camerounais 237online affirme que l’entreprise serait contrôlée par Hayssam El Jammal, d’origine libanaise. Cette affirmation n’a reçu à ce stade aucune confirmation officielle. Camer.be réclame que l’État vérifie lui-même qui possède l’usine.
Pourquoi l’identité du propriétaire compte
Dans une affaire d’accident industriel mortel, l’actionnariat n’est pas un détail. C’est lui qui détermine qui indemnise les familles, qui répond d’éventuelles poursuites et qui a décidé de rouvrir l’usine après le premier incendie. Tant que la chaîne de contrôle reste floue, les réponses le sont aussi.
L’affaire met ainsi à l’épreuve deux capacités des autorités camerounaises : faire appliquer des mesures de sécurité après un premier sinistre, et identifier avec certitude les propriétaires d’une entreprise de 500 salariés.




