Après des années de défaillances sous la direction de Patricia Nzondjou, le Cameroun met fin au contrat de scanning de SGS pour restaurer sa sécurité nationale.
L’ère de l’impunité semble toucher à sa fin au Port Autonome de Douala (PAD). Depuis le 2 janvier 2026, l’État camerounais a officiellement confié les opérations de scanning à un nouvel opérateur, Transatlantic D. Ce basculement marque non seulement la fin d’un contrat expiré, mais surtout une volonté farouche de reprendre en main une souveraineté nationale longtemps fragilisée par la gestion locale du groupe suisse SGS.
Un bilan opérationnel désastreux sous l’ère Nzondjou

Sous la direction de Patricia Nzondjou, Directrice Cameroun & Sous-Régional du Groupe SGS, le dispositif de scanning a accumulé des manquements jugés « graves » par les autorités. Le constat est sans appel : un contrat signé en 2015 qui prévoyait 10 mois pour installer les scanners a mis près de sept ans à être partiellement exécuté.
Cette lenteur n’est pas qu’une affaire de chiffres ; elle a créé une véritable faille de sécurité. Des documents révèlent notamment qu’un conteneur transportant du matériel militaire a pu échapper au contrôle, faute de scanning adéquat. En privilégiant une logique de « facturation avant tout », le dispositif a laissé des angles morts béants dans la surveillance des flux, mettant en péril la sûreté du territoire.
Le PSRD-NG : L’autre levier d’influence à démanteler

Si le contrat de scanning est désormais « perdu » pour SGS, un autre dossier brûlant demeure : le PSRD-NG (Programme de Sécurisation des Recettes Douanières). Ce contrat, toujours en cours, est aujourd’hui au cœur des critiques. Il est perçu comme un outil d’asservissement technologique et fiscal.
En confiant l’évaluation de la valeur en douane et l’analyse de risques à un prestataire privé étranger, l’État s’est retrouvé dépossédé de fonctions régaliennes essentielles. Pire, la gouvernance interne de SGS Cameroun soulève des questions de conflit d’intérêts, la Directrice Générale détenant des parts dans la maison-mère, ce qui impose une vigilance accrue de l’État sur la neutralité des décisions douanières.
La réponse de l’État : Le choix de Kribi pour Douala
Face aux tentatives d’influence et aux pressions exercées pour maintenir le statu quo, le Président Paul Biya a tranché en faveur de la souveraineté. Le choix de Transatlantic D ne relève pas du hasard : cet opérateur a fait ses preuves durant sept ans au Port de Kribi avec un bilan opérationnel positif.
L’objectif est clair : transformer le scanning en un outil de contrôle préventif, indépendant et audité, où la sécurité nationale prime enfin sur le rendement commercial d’une multinationale.




