Un ouvrage du journaliste Pierre Bernard KOAGNE redonne voix au trône et interroge l’avenir des chefferies traditionnelles au Cameroun.
À travers Sa Majesté NJITAK NGOMPE PELE et le rayonnement du FUSSEP, Pierre Bernard KOAGNE signe bien plus qu’un simple portrait royal. Le journaliste et écrivain propose une plongée profonde dans l’univers de la chefferie supérieure de Bafoussam, entre mémoire collective, autorité traditionnelle et mutations contemporaines.

L’ouvrage se lit comme une traversée de l’âme FUSSEP. En s’appuyant sur les récits des anciens, les symboles, les proverbes et l’histoire des souverains, l’auteur restitue la chefferie comme une institution vivante, au cœur de la cohésion sociale, de la justice coutumière et de la transmission des valeurs. La parole du trône devient ainsi un fil conducteur, à la fois mémoire, repère identitaire et boussole morale.
Loin d’un hommage figé, Pierre Bernard KOAGNE adopte une approche critique et documentée. Il interroge la place de la chefferie à l’ère de l’urbanisation accélérée, des conflits fonciers et des exigences de la modernité. Un chapitre consacré à l’urbanisme et au foncier apporte une dimension particulièrement actuelle, mettant en lumière les tensions entre tradition et développement urbain.
Le portrait de Sa Majesté NJITAK NGOMPE PELE se distingue par sa sobriété et son équilibre. Le Roi y apparaît comme un leader ancré dans la sagesse ancestrale, mais ouvert à l’écoute, au dialogue et à l’adaptation. Une figure d’autorité qui ne s’impose pas par la force du pouvoir, mais par la légitimité culturelle et la responsabilité sociale.
Écrit dans un style accessible, solennel et profondément enraciné dans la tradition, l’ouvrage s’impose comme une contribution majeure à la valorisation du patrimoine culturel FUSSEP. Plus largement, il pose une question essentielle : quelle place pour les chefferies traditionnelles dans le Cameroun d’aujourd’hui?
Avec ce livre, Pierre Bernard KOAGNE, déjà auteur de « Les ennemis de mon village, Les larmes de l’orphelin et C’est la mort qui m’a transformé », poursuit son engagement en faveur de la mémoire, de la justice sociale et de la transmission des identités culturelles. Un travail qui rappelle que, dans un pays en quête de repères, la tradition n’est pas un vestige du passé, mais une ressource pour penser l’avenir.




