Tribalisme et division au Cameroun, les artistes montent au créneau pour chanter leur déception, le gouvernement s’en moque.

Le Cameroun n’a jamais été autant divisé depuis la dernière élection  présidentielle,pas un  seul jour, sans qu’on ne tombe sur un message haineux contre une tribu ou une autre diffusé à travers les réseaux sociaux.

Face à l’indifférence complice des pourvois publics qui n’en font que très peu cas, certains artistes ont décidé de rompre le silence.

C’est Charlotte Dipanda qui a véritablement donné le la majeur sur sa page Facebook .Le 4 février dernier, la mère de “un jour dans ma vie” criait sa déception : <<réveille-toi ô Cameroun. Je suis sortie ,pieds nus comme d’habitude pour chanter et danser avec ma terre. Mais la tête n’y est pas.Je n’ai pas pu. Jai la gorge serrée ,le cœur lourd .Mes oreilles et mon esprit sont pleins de ces paroles de haine devenues banales>> Une situation que l’artiste déplore et appelle à l’amour et à la tolérance :<<Je suis ce Cameroun riche de ses hommes et femmes,de ses diversités, ses  différences. Wake up Cameroun ! Wake up! Donnons nous tous la main et disons : Halte au tribalisme ! Halte à la manipulation ! Trop de sang.>>

Ce cri de détester, Charlotte n’est pas la seule à pousser. Lady ponce a également pris le micro pour dénoncer :<<toi qui ne dis rien et qui préfères défendre ton ethnie au lieu de défendre une cause juste et noble dans ton pays. Dieu te voit et il nous jugera tous.>> L’artiste argue que la guerre tribale qui oppose les camerounais les uns contre les autres n’est que pure distraction :<<Seigneur que cette guerre tribale s’arrête…les vrais problèmes de mon pays , chaque camerounais les connaît. Mais tellement l’hypocrisie et la bêtise nous habitent>> Dans la même veine, l’artiste Daniel Eog a posté non sans humour sur son compte Facebook, jeudi 07 février une photo d’elle tenant entre les mains un plat de “pommes pilés” (Plat traditionnel bamiliké ndlr)avec en légende un appel au calme :<<Laissons les débats SVP! On est tous bamiliké devant un bon plat de pilé.#VivreEnsemble>> A cette allure, il est évident que beaucoup d’autres artistes leur emboîtent le pas dans la foulée.

Tandis que les messages de paix et d’amour se multiplient au sein du monde culturel,les autorités étatiques elles, se contentent de comptempler la dégradation du climat social. Un silence qui mérite d’être questionné dans la mesure où, il est de la responsabilité de l’État de préserver la paix sociale à travers les institutions créés à cet effet. De l’avis de certains observateurs, l’État du Cameroun fait exprès de laisser les camerounais s’entredéchirer pour des raisons ethniques.

Après les propos jugés antisémites de Jean De Dieu MOMO, ministre délégué auprès du ministre de  la justice, lors de l’émission Actualité Hebdo sur la crtv télé, le gouvernement Camerounais à  choisi de ne présenter ses regrets qu’ à l’État d’Israël, sans en faire autant à la communauté Bamiliké à qui cette menaçante tirade  était également adressée. La question surgit de nouveau à l’aune de cette  indignation sélective : Les dirigeants Camerounais instrumentalisent-ils le tribalisme pour se maintenir au perchoir ?

C’est en tout cas, ce que pense la majeure partie de l’opinion. Ce n’est pas la première fois que la rhétorique tribaliste prospère dans l’espace public. C’est presque toujours arriver à chaque échéance électorale depuis les années 1990. Et depuis 1990, même pas une once de loi pénalisant cette dérive qui met à mal l’intégration nationale pourtant chère aux idéaux du renouveau.

 

Ferry Djou / Le Quatrième Pouvoir

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