Politique: Mvila, Le Rdpc en quête d’arguments de campagne

Une concertation en vue de l’identification des faiblesses de la politique du « Renouveau » s’est récemment tenue à Ebolowa.

Par le passé, en raison de l’absence d’une opposition réaliste et convaincante, l’abstention a souvent été considérée comme le véritable adversaire du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), dans le département de la Mvila. Mais depuis les dernières sénatoriales où le «parti du flambeau ardent » a été bousculé par l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp), le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) et le Social Democratic Front (SDF) dans cette partie du pays ; la panique est de plus en plus perceptible dans les états-majors de campagne de cette formation politique. L’élection présidentielle étant plus ouverte que la précédente, son électorat est aussi diversifié qu’imprévisible. A l’heure des grandes manoeuvres, les slogans de campagne se rarifient. « Rdpc 100% et Rdpc oyééé » devraient s’accompagner d’autres arguments. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre la concertation convoquée par le chef de la délégation permanente départementale du Comité central (Cc) pour la Mvila, Bernard Amougou par ailleurs sénateur du Sud. « C’était une réunion de mise en place des stratégies de campagne. Il a été question d’échanger avec les délégués des Mines, de l’Energie et d’Enéo ; parce que nos populations ont des préoccupations. Nous voulions lister tous les problèmes pour en esquisser des solutions», a informé le sénateur. En effet, le bilan du «Renouveau » en matière de désenclavement de l’arrière-pays et d’accès aux services de base, est des moins reluisants dans la Mvila.

L’état des lieux dressé par la quasi-totalité des maires et présidents de section Rdpc sur ces préoccupations est catastrophique. Pour preuve, en cette période de fortes pluies, toutes les routes de campagne sont impraticables. Dans la majorité des villages disposant des puits modernes, l’eau n’a coulé que le temps d’une rose, apprend-on. Dans l’arrondissement de Mvangan par exemple, seuls 12 villages sont connectés à Enéo sur 53. «Les populations sont amères. Nous avons dépensé l’argent de la commune avec l’agence d’électrification rurale. Des devis ont été réalisés pour connecter Mvangan mais rien n’a été fait jusqu’aujourd’hui», se lamente le maire Thomas Minsili Eba. A Mvieng, un village de l’axe Ebolwa-Akom II où les populations vivent sans courant électrique depuis plus de cinq ans, en raison d’une panne survenue sur la ligne triphasée qui desservait leur contrée jusqu’à la limite avec le département de l’Océan ; les jeunes ont atteint un niveau de radicalisation où ils ne veulent pas voir un seul bureau de vote ouvert, encore moins des équipes de campagne, fussent-elles du Rdpc. « Nous allons essayer avec la hiérarchie, de voir ce qui peut être fait avant et pendant la campagne, pour répondre aux préoccupations de nos populations», a rassuré le sénateur Bernard Amougou.

Par Guy Roger Mvondo, MUTATIONS

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