Nigeria : la présidentielle et les législatives sont reportées au 23 février

À quelques heures de l’ouverture des bureaux de vote, la Commission nationale électorale indépendante du Nigeria a annoncé que les élections générales de samedi étaient reportées au 23 février pour raisons logistiques.

Les élections présidentielle et législatives au Nigeria n’auront finalement pas lieu samedi 16 février et sont reportées d’une semaine, au 23 février. Les élections des gouverneurs, prévues le 2 mars, sont quant à elles reportées au 9 mars.

La Commission nationale électorale indépendante (INEC) l’a annoncé dans la nuit, à quelques heures de l’ouverture des bureaux de vote. Des problèmes logistiques sont évoqués. “Pour pouvoir garantir la tenue d’élections libres, justes et crédibles, organiser le scrutin comme il était convenu n’est plus possible”, a déclaré à la presse le président de cette Commission, Mahmood Yakubu.

La Commission électorale (INEC) s’est réunie en urgence vendredi dans la soirée, laissant le pays en suspens pendant plusieurs heures. À ce moment-là, les rumeurs d’un report envahissaient les médias nigérians et réseaux sociaux.

Les deux principaux partis condamnent le report

Mahmood Yakubu n’a donné aucune précision sur les problèmes logistiques invoqués. Mais trois centres de l’INEC ont été brûlés à travers le pays, et l’opposition dénonçait l’absence de bulletins dans de nombreux États.

Le parti au pouvoir, le Congrès des Progressistes (APC), s’est dit “extrêmement déçu” de cette décision. “Nous espérons que la Commission nationale électorale indépendante (INEC) restera neutre et impartiale dans ce processus alors que les rumeurs suggèrent que ce report a été orchestré par le principal parti de l’opposition, le PDP (Parti Populaire Démocratique), qui n’a d’ailleurs jamais été prêt pour cette élection”, a dénoncé Festus Keyamo, directeur de campagne du président sortant Muhammadu Buhari. “N’offrons à personne, et surtout pas au PDP, l’occasion de plonger la nation dans une crise, qui est tout ce qu’ils désirent”, a-t-il écrit dans un communiqué.

De son côté, le candidat de l’opposition, Abubakar Atiku, a appelé ses supporters au calme face à une “provocation”. “Ils [l’APC] savent que le peuple nigérian est déterminé à les rejeter, ils sont désespérés et ils feraient n’importe quoi pour éviter cela”, a écrit le candidat du PDP, depuis l’Etat de l’Adamawa (nord-est), dont il est originaire, et où il s’était rendu pour voter samedi. “Leur plan est la provocation, espérant une réaction négative et pouvoir ainsi utiliser des tactiques anti-démocratiques”, a-t-il asséné. “C’est pourquoi je demande aux Nigérians d’être patients (…) et de leur faire part de leur décision à travers les urnes.”

“Tous les regards sont tournés vers le président Buhari”

Près de 84 millions d’électeurs étaient attendus dans les quelque 120 000 bureaux de vote qui devaient ouvrir dès 8 h, heure locale (7 h GMT) à travers tout le pays. Ils devaient élire un nouveau chef d’État, ainsi que les les 360 sièges de la Chambre des représentants et les 109 du Sénat.

Un nombre record de 73 candidats sont en lice pour devenir chef de l’État dans la première économie d’Afrique et premier exportateur de pétrole du continent. Tous les regards sont tournés vers le président Buhari, du Congrès des progressistes (APC), et son principal rival Atiku Abubakar, du Parti populaire démocratique (PDP).

Lagos, capitale économique bouillante d’habitude, était très calme dans la soirée, chacun se préparant au couvre-feu prévu pendant le vote.

Lors des dernières élections de 2015, le scrutin avait été repoussé de six semaines, le chef de l’État de l’époque, Goodluck Jonathan, arguant des problèmes de sécurité dans le nord-est du pays, où sévit le groupe jihadiste Boko Haram.

Avec AFP et Reuters

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