MAURICE KAMTO ET L’IMAGE DU TIREUR DE PENALTY : LA SYMBOLISATION UTILE DU JEU POLITIQUE

SYMBOLISATION UTILE DU JEU POLITIQUE

Brice Cardeau / #lequatriemepouvoir

L’accès au pouvoir est indissociable de l’appropriation de symboles et de signes, je dirai même de l’imposition d’un certains nombre de codes et de rituels, y compris dans nos sociétés contemporaines fortement rationalisées. Le symbole doit être entendu ici comme un signe renvoyant à un autre signe : la croix au christianisme par exemple ou la colombe à la paix. C’est pour ainsi dire une recodification de signes et une condensation de sens. Moteur de la mobilisation, il suscite l’élan affectif des individus qui se reconnaissent en lui. Ainsi, toute période électorale comme celle que nous vivons actuellement au Cameroun doit être analysée comme “un moment de surchauffe symbolique” où les prétendants au pouvoir s’efforcent, notamment en recourant à des symboles, d’imposer leur définition de la situation politique du moment. La fonction des symboles n’est pas qu’auditive dois-je le préciser. En effet, autant qu’à être dits, ils sont destinés à être vus et lus, sur les affiches des candidats, sur les panneaux tapissant les salles des meetings ou même sur les pancartes brandies par les militants lors des mêmes rassemblements, de sorte que les caméras puissent en transmettre l’image et le sens. Si la dimension symbolique est constitutive de la politique comme de toute pratique sociale d’importance, elle varie cependant selon les temps, les lieux, les régimes. Cela a très souvent manqué à nos “politiciens du village” qui, j’en ai l’impression, oublient que la politique est d’abord et avant tout un art. Depuis le poing levé de John Fru Ndi à travers lequel il exprimait le “power to the people” et avec lequel il souhaitait “catch Mister BIYA”, nous n’avons pratiquement pas eu grand chose à nous mettre sous la dent. Le Pr Maurice KAMTO arrive avec l’image d’un Pénalty à tirer. Il s’agit indiscutablement d’une symbolique originale et attachante dans notre microcosme sociopolitique. Il y a en filigrane l’image du ballon rond, instrument principal du sport-roi dans un pays ayant une population majoritairement jeune. Pour lui, il y a eu une faute dans la surface de réparation commise par les actuels gouvernants et le penalty a déjà été accordé à l’équipe à laquelle il dit appartenir : l’opposition. Lui, en posture d’avant-centre, de buteur incontesté se propose de le tirer en rassurant ses coéquipiers (pas d’accord jusqu’ici) et les supporters du fait que son pied ne tremblera pas. Sauf qu’il faut être cohérent jusqu’au bout dans le choix des symboles en faisant correspondre chaque élément aux autres. Le tireur de penalty doit savoir qu’il devra désormais être plus attentif à l’espace qui l’environne, aux gestes qu’il accomplit, aux individus dont il s’entoure ainsi qu’aux éléments qui peuvent sembler aussi triviaux tels que les vêtements portés ou la nourriture ostensiblement consommée. Ces éléments, apparemment négligeables doivent devenir le lieu d’un investissement symbolique faisant l’objet d’une réflexion marketing poussée, l’objectif étant d’aboutir à ce que j’appelle une “cohérence symbolique” dans les choix de publicité politique. J’ai juste peur pour lui que ce penalty soit comparable à celui de WOME NLEND face à la République sœur d’Égypte lors du match à élimination directe comptant pour la qualification à la coupe du monde de 2006. Il me semble qu’il avait ce soir du 8 octobre 2005, le même niveau d’assurance. Mais Essam El-Hadary (Je parle de L’AUTRE) n’a pas eu besoin de faire un grand effort. Attendons !!!

Brice Cardeau
L’enfant terrible de Ma’a Moni

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