MANDJOU: LES POPULATIONS CONSTRUISENT UN PONT À LA MAIN POUR DESENCLAVER LEUR LOCALITÉ !

Les populations du quartier Mandjou 1, chef-lieu d’arrondissement éponyme et situé à moins de 10 km de la ville de Bertoua, ont construit un pont pour ouvrir un grand bassin de production agricole à la route centrale en attendant que les pouvoirs publics et ses partenaires au développement réagissent.

C’est un bel exemple de développement participatif que l’on découvre dans la ville de Mandjou. Un pont sur près de 30 m de longueur, construit en matériaux provisoires sur la rivière Dja-Ndombè et qui relie le quartier Mandjou 1 au village Gbakombo, dans la commune de Bertoua 1er.

“En effet, le besoin s’imposait avec accuité tant les difficultés d’accès à cette zone agricole étaient importants pour les riverains”, souligne Ernest Korondo. Le président du comité de gestion du pont indique que: “nous avons collecté les fonds auprès des volontaires. Nous avons sollicité l’expertise d’un habitant du quartier pour l’abattage du bois. Une fois, les matériaux réunis, nous avons convié toutes les forces en présence comme main d’œuvre afin de construire ce pont qui fait notre fierté actuellement”.

Depuis le mois de mai 2017, les populations locales circulent sans difficultés pour atteindre leurs exploitations agricoles. “Grâce au dynamisme de nos populations, il est possible de transporter aisément nos productions agricoles pour écoulement dans les grands marchés”, se réjouit Mr Damina, Cadre communal communautaire.

Cependant, il décrit le manque d’implication de la collectivité territoriale décentralisée de Mandjou pour accompagner les populations locales dans la mise en œuvre des ouvrages de cette nature. “La Mairie n’appuie les initiatives des populations locales mais à mon niveau, j’éprouve beaucoup de peine sur le plan logistique à descendre sur le terrain afin de travailler”, explique-t-il.

Dans l’optique de préserver le pont, les populations du quartier Mandjou 1 sous la houlette du comité de gestion envisagent de mettre sur pied, un péage. “Il consistera à collecter auprès des usagers de ce pont, des frais qui serviront à refaire les travaux du pont en cas d’urgence mais peu de personnes acceptent d’adhérer à cette initiative en attendant que les pouvoirs publics et ses partenaires au développement nous trouvent une solution définitive”, explique Ernest Korondo.

En attendant tout ceci, les seigneurs de la terre traversent le pont sur la rivière Dja-Ndombè. “Grâce à notre engagement citoyen, nous parvenons à faire sortir nos produits sans complications majeures, à l’aide des motos, des tricycles et des porte tout”, reconnaît un exploitant agricole de Mandjou qui confirme que la construction de ce pont a réduit d’au moins 10 km, le chemin qui mène à sa bananeraie située au village Gbakombo.

Autre lieu, mobilisation similaire. C’est dans la Commune de Bétaré-Oya. Au village Ndokayo, les habitants du quartier Tockdila ont mobilisé les fonds en 2017 pour contourner le ravinement qui détruisait la source d’eau potable. La Commune de Bétaré-Oya a mis sur pied le Fond communautaire de l’eau.

“Il s’agit d’un système de collecte des moyens financiers par habitations qui est redistribué aux membres dès que le besoin s’impose”, relate Baba Alim François. Le cadre communal chargé des communautés explique que l’organisation locale est soutenue par le Maire, Justin Adamou Iya. Toujours à Ndokayo cette fois au quartier Gbéri, les populations ont entamé les travaux de déviation de la digue. Ici, la source d’eau est menacée par le torrent.

L’implication des populations locales se fait aussi ressentir au centre urbain de Bétaré-Oya. Au quartier Tibanga, elles ont construit en matériaux provisoires, un ponceau de près de 20 m sur la rivière Kpawara. À travers cet ouvrage, les habitants peuvent avoir accès au nouveau complexe commercial moderne construit par le PNDP.

“Une élite nous a aidé avec les planches en partie et le reste est venu des populations elles-mêmes. La main d’œuvre était gratuite par les populations”, rappelle François Baba Alim. Concernant la maintenance de l’ouvrage, il indique que la mairie a pris des dispositions utiles afin que tous les problèmes soient solutionnés à temps.

La dernière découverte est celle de la source d’eau potable Tamlolo situé au quartier Laï. À travers l’ouvrage viabiliser grâce aux contributions financières des habitants, l’eau coule à profusion au grand bonheur des ménages des quartiers Laï, Moïnam, Zoïguéné et Gbebana. Les efforts des populations locales pour l’amélioration des conditions de vie est donc palpable.

Par Crépin Bissoli

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