Le Cameroun vient de franchir un cap décisif dans la modernisation de son système financier. Ce 2 février à Yaoundé, les établissements financiers ont signé, aux côtés de CREDITINFO Central Africa, les protocoles d’engagement avec le Bureau d’Information sur le Crédit de la CEMAC (BIC-CEMAC), en présence du vice-gouverneur de la BEAC, du Ministère des Finances et de la FAPEC.

Cette signature marque l’opérationnalisation d’un outil stratégique destiné à transformer l’accès au financement dans la sous-région. En instaurant un système structuré de partage des données de crédit, le BIC-CEMAC ambitionne d’améliorer la qualité de l’information financière, de réduire le risque bancaire et de restaurer la confiance entre prêteurs et emprunteurs.

Pour Michel DZOMBALA, vice-gouverneur de la BEAC, « un système financier moderne repose sur la confiance, l’information et la responsabilité ». Une vision partagée par la FAPEC CEMAC qui estime que l’absence de données fiables constitue l’un des principaux freins au financement des PME. Selon son secrétaire général, Pierre KAM, ce dispositif permettra aux banques et microfinances de mieux analyser les risques et d’accélérer l’inclusion financière dans une zone où le taux de créances douteuses reste élevé.
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Du côté de CREDITINFO Central Africa, son directeur général Philippe BOUPDA se veut rassurant : agréée par la BEAC, l’entreprise garantit sécurité, confidentialité et fiabilité des données. Présente dans plus de 45 pays, elle centralisera les informations issues des banques, microfinances et fournisseurs de services, pour produire des rapports de solvabilité et des scores de crédit.

À terme, ce mécanisme devrait favoriser la baisse du surendettement, limiter le recours excessif aux garanties et valoriser les bons comportements financiers. En se positionnant en pionnier, le Cameroun envoie un signal fort : celui d’une finance plus transparente, plus responsable et résolument tournée vers le développement des PME et l’attractivité économique de la CEMAC.




