GOUVERNEMENT: LE MINHDU CÉLESTINE COURTES KETCHA SUR LE TERRAIN A DOUALA

Dès sa nomination le 04 janvier 2019 par le Président de la République, Célestine Ketcha Courtès, Ministre le l’Habitat et du Développement Urbain avait, dans sa première prise de parole martelé qu’elle irait directement sur le terrain toucher du doigt les problèmes de l’Habitat et du Développement Urbain sur l’ensemble du territoire national.

Par Ulrich Armel / Le quatrième pouvoir

Ce que mes yeux ont vu et mes oreilles ont entendu.

Après Yaoundé, Garoua et Maroua, la dame de fer était à Douala ce 12 février, où elle a une fois de plus joint la parole aux actes. Il a été question cette fois-ci de s’enquérir de l’état d’avancement des travaux de drainages et d’assainissements des eaux, des voies d’accès du stade de Japoma, mais aussi d’apprécier l’avancement des travaux du programme gouvernemental de construction de 10.000 logements sociaux entre autres.

Accueil et visite des sites…

Accompagnée par la secrétaire d’Etat au Ministère de l’Habitat et du Développement, elle a pris la route dès 6h 30 pour un périple marathon à Douala, Le Gouverneur de la Région du littoral Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, flanqué du délégué du gouvernement Dr Fritz Ntone Ntone ont reçu les deux amazones et leurs délégations à Yassa, bourgade située à la périphérie de Douala par sa pénétrante Est. S’en est suivie la visite des voies d’accès au stade de Japoma et ses emprises, logements sociaux, Cité chinoise, Cité camerounaise, Cité des sapeurs pompiers, drain pluvial de Mboppi, Cité du cinquantenaire… Voilà  autant de sites, visités ce mardi 12 février, par la ministre de l’Habitat et du Développement Urbain. Dans sa suite, les autorités administratives du Littoral, la secrétaire d’Etat en charge de l’Habitat, les responsables de la Maetur, de la Sic, du Labogenie, mais surtout les chefs d’entreprises de bâtiments et travaux publics. Les échanges sur les différents chantiers avec les chefs de projets ont été houleux, mais la ministre comme une lionne a conduit les travaux avec maestria à la grande surprise de ses interlocuteurs. Le tout sous un soleil ardent caractéristique du climat de la ville de Douala par ces temps.

Débriefing à la communauté urbaine de Douala…

C’est donc avec toute la hargne et une voix ferme que la ministre s’est adressée, aux entrepreneurs, lors de la séance de débriefing qui a eu lieu à 17 heures dans la salle de réunion de la Communauté Urbaine.
Ketcha Courtès a d’abord donné la parole aux responsables des Pme et autres grandes entreprises, engagées dans les travaux. Il pointe un doigt accusateur sur le retard dans les financements pour justifier le ralentissement et l’arrêt par endroit des travaux. Ainsi le porte-parole d’Arab Contractor prenant la parole. S’est voulu incisif : «Nous sommes mobilisés à Douala sur trois lots. Pour le lot 01 qui est la réhabilitation de la rue Ngangue-Bonadouma, l’exécution physique des travaux est de 66%, pour un taux financier de 64%. Sur ce projet nous avons perçu 20% avant le démarrage et 6% de décomptes payés. Le lot numéro 02 qui est le tronçon Nyalla-Yassa-la voie d’Hysacam. L’avancement physique est de 59%, pour une facturation de 55%. On a perçu 20% avant le démarrage, et un décompte de 5% payé. Le Lot 03 concerne les travaux de réhabilitation des quartiers New-Deido, Grand moulin et Bonatéki. Sur ce tronçon, l’avancement physique est de 21%, une situation financière à hauteur de 14%. La première difficulté c’est les paiements, qui ont poussé nos fournisseurs et sous-traitants à ne plus nous accompagner.»

La fin de la récréation…

Mme la ministre à son tour n’a pas mâché les mots pour recadrer les sociétés propriétaires des différents lots dans ces différents marchés publics.
Morceaux choisis : «C’est avec beaucoup de tristesse que j’en parle. Nous étions sur le terrain. Plusieurs Pme qui pouvaient devenir de grandes entreprises, comme le voulait la vision du chef de l’Etat, ont abandonné le chantier. Ils ont été payés mais n’ont pas fait le travail.» En effet, sur les 10.000 logements sociaux les constructeurs chinois avaient obtenu le marché pour la construction de 660 logements. Ils ont déjà livré les travaux. Les Pme camerounaises avaient gagné le marché de la construction de 1175 logements, juste 340 ont été réalisés, pourtant certaines entreprises ont été totalement soldées.

Exigence du respect du cahier de charges…

Réponse de la ministre : «Je comprends tellement le président de la République dans sa hargne de développer le Cameroun, malheureusement il n’est pas compris. J’interpelle les entreprises locales dans leurs responsabilités à amener ce pays vers son développement. Quand un marché est lancé, même si c’est de gré à gré, vous n’êtes pas forcé de souscrire, surtout en tenant compte de vos capacités financières. Quand vous sollicitez un marché de 12 milliards FCFA, ça veut dire que vous en avez au moins quatre comme fonds propres, que vous avez une capacité financière. Au moment de payer les 30%, vous serez à 40% voire 50%. Mais vous gagnez le marché après vous vous plaignez directement de n’avoir pas été payé pourtant sur le terrain rien n’avance.» Elle n’ira pas du dos de la cuillère pour recadrer les entreprises. «Soyez comptables du développement du Cameroun. C’est une responsabilité personnelle d’abord et collective ensuite. N’allez pas sur dix marchés à la fois. Concentrez-vous sur un marché et faites-le bien. Vous avez trois lots, Arab Contractor, et les trois sont à l’arrêt. Ce n’est pas du travail. Vous gagnez un marché, vous terrassez une ville où les populations vivaient en toute quiétude sans poussière, vous raclez et vous partez. Même si vous avez arrêté pour les grands travaux, qu’est-ce qui vous coûte d’arroser ? Ça ne vous coûte rien et ça crée des effets négatifs au sein de la population, qui va coller le préjudice sur le dos de l’Etat.» Célestine Ketcha Courtès promet d’ailleurs d’entamer les procédures de  résiliation de contrats avec toutes les entreprises en arrêt de travaux et recommande aux entreprises concernées de se remettre au travail et d’arroser les routes dès le lendemain. «Je vais aller avec les entreprises dans un contrat de performance, un contrat de partenariat avec l’Etat», ponctue la ministre. Félicitant de ce fait l’entreprise YENEGUN pour sa présence continue sur ses chantiers, malgré la conjoncture économique difficile qu’accusent les autres entreprises sur place.

La responsabilité des Pme locales questionnée…

S’agissant des logements sociaux, la Minduh trouve la taupe et déplore l’attitude des petites et moyennes entreprises. «C’est avec beaucoup de tristesse que j’en parle», confesse l’ancienne Maire de Bangangté. Et de poursuivre : «Le logement décent est ce qui permet à un Etat de se dire durablement développé. Pour la construction des logements sociaux, le président de la République a privilégié les entreprises locales, les Pme. Nous étions sur le terrain. Plusieurs Pme qui pouvaient devenir de grandes entreprises, comme le voulait la vision du chef de l’Etat, ont abandonné le chantier. Elles ont été payées mais elles n’ont pas fait le travail.»

Voilà donc ce qui a meublé la journée chargée du ministre de l’Habitat et du développement urbain Mme Célestine Ketcha Courtes ce mardi à Douala, ville qui l’a vu grandir puisqu’elle nous a révélé qu’elle était un pur produit de l’école de commerce de cette ville à la grande joie du délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala le Dr fritz Ntone Ntone. À ce rythme, cette dame adoptée par le peuple fera certainement des jaloux si elle continue dans cette lancée, car ceux qui sont dans ce gouvernement pour détourner les fonds publics feront tout pour ne pas lui faciliter la tâche. On ne perd rien à attendre.

(*) Le quatrième pouvoir

Facebook Comments
Tags
Montrer Plus

Related Articles

Laisser un commentaire

Traduction »
Close