FINANCES PUBLIQUES: Les dépenses du Cameroun inquiètent la Banque Mondiale

La Banque mondiale vient de publier un rapport à travers lequel, elle tire la sonnette d’alarme sur les nombreuses distorsions qui apparaissent dans la gestion et la répartition équitables des ressources de l’Etat.

« L’atteinte des objectifs à long terme
de la vision 2035, nécessite une
réévaluation de l’efficacité globale
des dépenses publiques par les
autorités camerounaises ». C ‘est la
quintessence du message d’Elisabeth
HUYBENS, adressé récemment aux deux
principaux responsables de l’économie
et de la finance du Cameroun à savoir:
Alamine OUSMANE MEY du ministère
en charge de l’Economie et Louis Paul
MOTAZE des Finances, tous présents à la
cérémonie de dissémination du rapport
de revue des dépenses publiques de
2006-2015.

À l’origine des propos tenus par la
représentante résidente de la Banque
mondiale au Cameroun, plusieurs
éléments d’analyse dégagés à la
suite d’un travail de groupe, organisé
conjointement entre l’institution
Onusienne et certaines administrations
camerounaises. Des travaux qui ont
débouché sur ce rapport, premier du
genre depuis une dizaine d’années et
concentré sur trois principaux paliers de
dépenses publiques à savoir : l’efficacité
allocative, l’efficience et l’équité.
 Répartition inefficace du budget de
l’Etat.

Le budget du Cameroun connait depuis
plusieurs années une augmentation
significative. Une évolution de sa masse
sans que le volume des actions ne soit
visible sur le quotidien et pour cause,
celui-ci de par sa nature économique
montre que la moitié des dépenses en
biens et services est constituée des
frais des représentations, de missions,
de réceptions et des services extérieurs.
Un budget consacré à plus de 70% au
fonctionnement et à la mangeoire de
quelques privilégiés du service public qui
accentuent la pratique « de recherche
de rente », par le biais d’un système
d’indemnités journalières par session ou
de conseil d’administration perpétuels
avec à la clé des rémunérations
mirobolantes, parfois bien au-dessus
des salaires mensuels sans que cela
ne soient pris en compte dans le régime
financier de l’Etat.

L’inefficience des projets
d’investissement

La planification et la gestion des
projets d’investissement constituent
aujourd’hui comme par le passé
une réelle préoccupation pour de
nombreux observateurs tant nationaux
qu’internationaux, qui comme le groupe
de la Banque mondiale, décrient le
rallongement de délais de livraison des
projets structurants du DSCE, entrainant
un impact sur l’économie nationale. Des
retards auxquels peuvent se greffer des
processus de maturation des lenteurs de
procédures de passation des marchés
publics ( 167 à 366 jours selon les
administrations) qui ont tout aussi des
effets induits sur l’économie déjà assez
névralgique du Cameroun.
 L’iniquité sociale se densifie
Les dépenses en éducation, en santé sont inégalement réparties dans l’ensemble du territoire. Le rapport fait état d’un écart important entre les régions dont les appuis sont quelque peu déjà importants à l’instar de la partie Sud et Ouest du Cameroun où on peut enregistrer plus de 85% de taux d’achèvement de l’école primaire contre moins de 65% dans les zones d’éducation prioritaire, tels l’Est et les régions septentrionales du Cameroun.

Brice NGOLZOK

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