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[Festival International Partages] Clap de fin sous une démonstration de pertinence

Le Festival International Partages fêtait en fin de semaine dernière sa deuxième édition.  Outre le concert du samedi 30 Octobre 2021 qui clôturait cet évènement festif et enchanteur, des activités gratuites étaient accessibles aussi bien au village du festival que dans ses lieux dédiés. La grande soirée de Samedi aura permis à Bibiane Sadey, Kwa Chi, Maro Abela et le Jazz Band JOMBOKHE, de poursuivre dans sa veine programmatique originale, emportant une nouvelle fois l’adhésion du public avec une Symphonie colorée.

C’est en présence d’un public extraverti et de professionnels du milieu culturel, qui semblait savourer, par une écoute fort attentive, que le bal a été ouvert. Le festival international Part’Ages a présenté son programme résolument romantique et patrimonial. Deux œuvres s’y complétaient parfaitement : Le plateau musical des Artistes et la restitution des enfants âgés de 7 à 17 ans sur les instruments traditionnels.

J’ai senti une histoire

Plus encore qu’avec la 1re Symphonie de Bibiane Sadey « Maya »(qui veut dire le sang en langue duala), objet du premier ton de la saison, la volonté de l’artiste musicienne de redonner la voix aux non oubliées de la musique (« Elimba Dikalo » d’Eboa Lotin) a su convaincre. Il est vrai qu’avec Bibiane nous sommes en terrain connu, puisque sur le plan du style on évolue dans de l’Afrosoul et les rythmiques du terroir, accompagnée de son éternelle guitare, symbole d’un respect de sa spiritualité.

Kwa Chi, pour sa tenue formelle et, surtout, la beauté de son 1er et 2e mouvement à savoir « Ngouache » & « One day », m’a littéralement bouleversé. L’authenticité et cette addition entre le reggae, la pop et les afrobeats en guitare (accompagné par le même orchestre de scène JOMBOKHE) m’a permis d’avoir une idée plus délicate et conviviale de sa production musicale pendant 23 minutes. En guitare, y a quelques mélodies ou phrases que le laborieux Kwa Chi aurait donné cher pour créer dans sa sorte de concerto. Du point de vue de l’originalité de la facture ou d’une griffe africaine on évoquera simplement la simplicité de son l’écriture. Pour qui a envie de réécouter ses oeuvres, ils sont disponibles sur les plateformes légales de téléchargement.

Dans sa robe rose, foulard noué, visage égayé, Maro Abela a pris le concert à bras-le-corps avec l’ouverture de « Ma position » sorti en 2018, redoutable en ce qui concerne les défis de précision et de synchronisme des attaques de sa voix aiguë et puissante.

Parfois dans la nuance piano et guitare, Maro avait une approche musicologique lissant les différences de tempos et de climats, elle a opté pour une lecture mélodieusement creusée avec des extraits de son EP de 8 titres « Ening » sorti en 2019.

Deux petits étonnements : la relance vers le Mbalax (rythmique et danse sénégalaise) et, surtout, une sonorité un peu émaciée par le micro dû à une défaillance technique, comme si on oubliait le beurre dans les épinards. C’est probablement un phénomène non acoustique, plutôt technique. Par contre, l’harmonie instrumentale était une initiative fort judicieuse, le live comme on l’aime.

Superbement travaillé et exécuté par l’orchestre Jazz BAND JOMBOKHE, l’oeuvre gospel en langue Éwondo était une curiosité agréable. Alto et percussions se sont apparés parfaitement. Datant des années 1990 et repris par de nombreux artistes camerounais ce concerto avait l’air de sortir d’un autre temps. Il avait surtout l’air de sortir de nulle part et d’aller titiller les étoiles sous les projecteurs de Krysteen & Marina. Via ce clap de fin, il sert à mettre en avant depuis des décennies des générations de valeureux solistes issus des orchestres auxquels on offre l’avant-scène pour un soir afin de les remercier dignement.  À ce petit jeu le public écoutait avec politesse cet artisanat compositionnel consommé et compétent, parfois très poétique. Mais cela rentre par une oreille, ça sort par l’autre. À l’heure d’écrire le texte, il serait impossible de l’oublier. Ça fait des siècles que ça dure et c’est bien parti pour en durer un autre. Le Festival International Part’Ages promu par Becky BEH, (Elle même artiste) en compagnie de ses nombreux partenaires, n’a pas manqué de leur témoigner sa gratitude et reconnaissance pour le travail abattu.

Question d’efficacité, de maîtrise de la forme, d’émotion cernée dans ce plateau musical où je me suis laissé danser (rires). Le frisson des chansons, où la peur, la peine, la douleur, les blessures, et même la corde au cou, se succèdent plus qu’agréablement dans la mélodie bonne à fredonner. Un terrain miné et agréable où il fait bon se prendre par la main. Et avancer quand même. J’ai été séduit.

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Manfred Essome

Rédacteur En Chef du Journal en ligne www.lequatriemepouvoir.com, Critique d'Art Musical et Créateur de contenus camerounais depuis 2010.

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