Crise anglophone: Des sénateurs américains chargent le Cameroun

Ils demandent au Département d’Etat de faire pression sur le gouvernement camerounais, afin qu’il trouve une solution politique à ce conflit.

Dans une correspondance adressée le 07 décembre dernier au secrétaire d’Etat américain, Michael Richard Pompeo (Mike Pompeo), quatre membres du Sénat des Etats-Unis d’Amérique se disent très préoccupés par la crise sociopolitique qui s’enlise dans le Nord-Ouest et le Sud- Ouest. Chris Van Hollen, Richard J. Durbin, Edward J. Markey et Benjamin L. Cardin relèvent, sur la base des informations qui leur parviennent, que les forces de défense et de sécurité camerounaises « seraient responsables d’assassinats extrajudiciaires, d’incendies de villages, de tortures et d’autres violations des droits humains ». D’après ces élus, la mort violente du missionnaire américain Charles Wesco, assassiné le 30 octobre dernier à Bambui, non loin de Bamenda, « souligne l’ampleur des effusions de sang qui ont submergé les régions anglophones du pays ». Ils appellent le gouvernement des Etats-Unis « imposer des sanctions aux personnes reconnues coupables de violations flagrantes des droits de l’homme, conformément à la loi ». En outre, ils promettent de continuer à travailler avec leurs collègues du Sénat « pour décider si des conditions supplémentaires devraient être imposées à l’assistance sécuritaire américaine au Cameroun ».

 

Le gouvernement des États-Unis devrait, poursuivent les parlementaires américains, « indiquer clairement au gouvernement camerounais que, même si nous restons attachés à la lutte contre Boko Haram, notre engagement en faveur des droits de l’homme et de l’Etat de droit est inébranlable et nous attendons de nos partenaires régionaux qu’ils partagent cet engagement ». Ils ne manquent pas de souligner « l’importance cruciale d’une solution politique à la crise dans les régions anglophones, soutenir les groupes de la société civile (…), et offrir notre assistance en  tant que médiateurs ». Cette sortie d’élus américains n’est pas la première du genre sur la crise anglophone. Le 26 juin 2017, deux membres du Congrès avaient saisi l’ex-secrétaire d’Etat Rex Tillerson pour lui faire part de leur étonnement face au silence du Département d’Etat (ministère des Affaires étrangères des Etats-Unis) au sujet de la situation sécuritaire dans les régions anglophones du Cameroun. Ils dénonçaient notamment des arrestations arbitraires de membres de la communauté anglophone. Difficile de dire si oui non les points de vue de leurs élus ont été pris en compte pour ce qui est de la crise anglophone, mais on se souvient qu’au lendemain de la réélection de Paul Biya, en octobre dernier, les Etats-Unis ont félicité  le chef d’Etats; et ont appelé les autorités camerounais à rechercher des solutions pacifiques à la crise, notamment le dialogue entre les parties prenantes.

Jean De Dieu Bidias

source: mutations

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