[CHRONIQUE] L’ŒIL DE FREDO: ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE AU CAMEROUN, SOLUTION MIRACLE?!

De façon formelle je dirai : « NON » !!! Pour les fervents défenseurs de la démocratie, mes propos semblent « insensés ». Surtout, que je travaille dans le domaine politique pour un pays qui pratique un régime semi-présidentiel et un autre qui s ‘est tourné vers une monarchie parlementaire. Pour ce qui est de « ces deux vieilles démocraties », j’approuve ces systèmes.

Par Frédérik Tchoungui / Le Quatrième Pouvoir

Alors, pourquoi cette position tranchée vis-à-vis du Cameroun ? Je tiens à préciser que mon analyse vise aussi bien le Cameroun que certains pays francophones d’Afrique subsaharienne. Pour ces jeunes démocraties, Le multipartisme « à la sauce actuelle » ne sera jamais la panacée face aux défis qu’ils doivent relever.

Pour la petite histoire, J’ai séjourné récemment en République Populaire de Chine. Pour ceux qui ne le savent pas, le régime politique Chinois est «  Socialiste de dictature démocratique Populaire ». Le Parti Communiste Chinois dirige sans partage le pays depuis 1949, date de la proclamation de la République Populaire de Chine Par feu Mao Zedong.

Depuis le décès du Président Mao Zedong en 1976, la Chine s’est ouverte au monde grâce à un « Socialisme de Marché ». Elle a consacré sa façade maritime à la production et aux échanges commerciaux mondiaux. Ce pays est depuis 2014, la première puissance économique du monde, sans jamais avoir eu à organiser une seule élection présidentielle ! La Chine a simplement su adapter ses politiques structurelles grâce à des leaders visionnaires. Ceci a été rendu possible par le billet de politiques patriotiques axées sur de gigantesques plans économiques. Le fait que ce pays n’ait pas changé de cap ni de régime politique, fait de lui ce qu’il est désormais : Une hyperpuissance planétaire avec une population estimée à environ 1.380 000 000 d’habitants !

Le Cameroun peut ainsi choisir de s’inspirer du modèle chinois basé sur le leadership pyramidal. En effet, La chine évolue sur la base de « plan quinquennal » ou « Guide » soit 13 plans quinquennaux au total, le 1er datant de 1953. Ce modèle de gouvernance a pour objectif, le bien-être de la population, le développement des infrastructures tout en garantissant les libertés fondamentales.

Le Cameroun, pays au potentiel immense, est classé 13ème puissance économique de d’Afrique. Le produit intérieur brut camerounais s’établit autour de 24,2 milliards de dollars. Le pays est doté d’abondantes ressources naturelles ainsi que d’une population jeune et bien formée. Ce potentiel économique très diversifié, est loin d’être exploité. L’Etat du Cameroun enregistre un taux de chômage élevé estimé à environ 13%, selon les statistiques officielles. De plus, l’économie Camerounaise fonctionne à deux vitesses :

  • Une économie formelle intégrée dans les marchés mondiaux et nationaux. L’Etat gère la fiscalité, le contrôle de qualité, l’ordre public, etc.)
  • Le secteur informel, permet simplement de survivre à une large majorité de la population. Ce secteur contribue à hauteur de la moitié du PIB couvrant ainsi environ 4/5 du secteur de l’emploi.

Face à ces immenses défis, adopter un modèle de développement, se référant au modèle chinois plus stable politiquement car n’ayant qu’un parti unique, peut apporter au Cameroun, plus de résultats que les modèles occidentaux qui eux ont adopté le multipartisme. Parallèlement, Le but n’est pas de bâtir pour ces pays africains concernés, (ayant moins de 60 ans d’existence), une démocratie à l’occidentale. Au regard de la situation actuelle, ces Etats ont surtout besoin de femmes et d’hommes qui œuvrent ensembles afin de bâtir une vision commune, de développement basée sur le modèle de « Plan » ou « guide ». Car le souci majeur du système multipartiste reste le « dé-tricotage » systématique des projets mis en place par les gouvernements précédents ; ceci dans le but de « faire la différence » avec l’ancien régime ou marquer purement et simplement une rupture. Ce qui entraine très souvent une déstabilisation dans bien de secteurs du pays, voir même une transformation profonde des valeurs de la République.

Le véritable challenge du Cameroun et de certains autres Etats africains francophones, ne se trouve pas dans le « Nouvel Homme Fort » sorti des urnes, mais plutôt dans la mise en œuvre d’un leadership transformationnel. Ce leadership est axé sur le long terme avec des objectifs à atteindre, qui dépassent les intérêts égoïstes, ayant pour compétence ultime : « de se comporter avec intégrité et efficacité » avec en perspective le développement national à l’horizon 2050.

Alors, pensez-vous que les élections organisés au Cameroun en octobre, ont elles vraiment une importance ? Tout ce tapage, aussi distrayant soit il, n’éloigne t-il pas les Camerounais des vrais intérêts vers lesquels, ils devraient se tourner c’est à dire le développement de ce pays ?

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