Face aux risques élevés de violences, de discours haineux et de fractures communautaires ayant marqué le climat préélectoral au Cameroun, l’initiative citoyenne Give Peace a Chance (GPaC) a voulu opposer une autre voie : celle de la paix, du dialogue et de la responsabilité collective.
C’est le message fort livré ce jeudi 29 Janvier à Yaoundé, lors de la conférence de presse marquant la clôture officielle du projet porté par l’association Ombudsperson and Mediation Initiative (OMI).

Menée du 23 septembre au 22 novembre 2025, en amont, pendant et après l’élection présidentielle, la campagne nationale pour la paix a visé à contenir les appels au chaos et à promouvoir la non-violence comme alternative durable aux tensions politiques. À travers des actions de sensibilisation communautaire, de diplomatie préventive, de plaidoyer et une forte mobilisation médiatique, le projet affirme avoir touché plus de 8 millions de Camerounais, dépassant largement l’objectif initial de 5 millions.

« La paix ne se décrète pas. Elle se construit par le dialogue, la retenue et la responsabilité », a déclaré Robert Roger NGANGUE, président de l’OMI, soulignant le coût humain, économique et social des violences armées. Selon lui, la campagne a contribué à renforcer une maturité citoyenne et un rejet massif des appels à la violence, malgré un contexte politique tendu et des moyens financiers limités, environ 25 millions de FCFA mobilisés sur fonds propres.
Au-delà des chiffres, OMI insiste sur l’impact qualitatif du projet : restauration de la confiance, engagement renouvelé des leaders communautaires, implication des jeunes, des femmes, des médias et des autorités locales. Une démonstration, selon l’association, que la majorité silencieuse des Camerounais aspire fondamentalement à la paix.

Pour l’avenir, OMI plaide pour la pérennisation des mécanismes de prévention des conflits, la création d’un médiateur national indépendant et l’allocation de ressources publiques dédiées à la réconciliation. Car, conclut l’organisation, « la paix n’est pas un événement électoral, mais un chantier permanent ».
Adiano Gerbain KOAGNE





