La compétitivité industrielle en Afrique centrale se heurte brutalement à l’impératif de la sécurité au travail. La récente tragédie survenue le 2 novembre 2026 dans la zone industrielle de Bassa à Douala, où un incendie au sein de l’usine Metafrique Steel a coûté la vie à quatre personnes et fait seize blessés graves, illustre les failles systémiques de la gestion des risques opérationnels.
Dans une note de sensibilisation adressée aux décideurs politiques et économiques, l’Association des Professionnels QHSE du Cameroun (AP-QHSE) met en exergue une récurrence alarmante des drames industriels. Selon l’organisation, le drame de Metafrique constituerait le deuxième incendie majeur frappant la même entreprise en quelques mois. Ce schéma de répétition, qui touche également les secteurs du BTP et de la logistique, témoigne d’une approche souvent trop réactive plutôt que structurellement préventive.
L’AP-QHSE exhorte les dirigeants d’entreprise à considérer le professionnel QHSE comme un investissement stratégique garantissant la pérennité, et non comme un centre de coûts. Le coût de la prévention demeure dérisoire face aux conséquences d’une catastrophe : vies brisées, arrêts prolongés de la production, indemnisations massives, envolée des primes d’assurance et destruction de la réputation.
Pour inverser la tendance, l’association milite pour une intégration rigoureuse des normes internationales (ISO 45001, 14001, 9001) dès la conception des projets et exige l’évaluation des antécédents sécuritaires des sous-traitants. Elle revendique notamment l’instauration d’un « droit de retrait » effectif, permettant à tout travailleur, permanent ou contractuel, de stopper une tâche dangereuse sans crainte de représailles. L’objectif final est d’établir un cadre de concertation permanent entre l’État, le patronat, les syndicats et les assureurs pour asseoir une véritable politique nationale de prévention des risques industriels.




