Yaoundé, le 30 janvier 2026 – Le siège de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) à Yaoundé a servi de cadre, ce vendredi, à une rencontre stratégique entre la banque centrale et la diplomatie américaine. Yvon Sana Bangui, Gouverneur de la BEAC, s’est entretenu avec une délégation du Département d’État des États-Unis, conduite par Sarah Troutman, Sous-Secrétaire adjointe au Bureau des affaires africaines.
Au-delà du pétrole : l’appel à la diversification
Si les échanges ont débuté par un passage en revue de la situation macroéconomique de la zone CEMAC, le Gouverneur a rapidement orienté les débats vers l’avenir industriel de la sous-région. Tout en saluant l’engagement historique des États-Unis, Yvon Sana Bangui a fermement encouragé Washington à diversifier ses investissements.
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L’objectif est clair : sortir de la dépendance exclusive aux secteurs pétrolier et gazier pour explorer de nouveaux gisements de croissance. En retour, le Gouverneur a réaffirmé l’engagement de la BEAC à maintenir un cadre monétaire stable, condition sine qua non pour attirer les capitaux étrangers.
Le dossier sensible du rapatriement des fonds (RES)
L’un des points techniques majeurs de cette audience a porté sur la réglementation des changes et l’état d’avancement du rapatriement des fonds de remise en état des sites pétroliers et miniers (FONDS RES). Ce dossier, crucial pour la souveraineté financière et la protection environnementale de la sous-région, nécessite un alignement étroit entre les opérateurs miniers (souvent internationaux) et les exigences de la banque centrale.
Cap sur Washington en avril 2026
Cette rencontre n’était qu’une étape. Les deux parties ont d’ores et déjà pris rendez-vous pour avril 2026 à Washington. Ce futur sommet devrait permettre d’aboutir à des solutions concrètes, notamment sur les modalités de rapatriement des devises et le renforcement du partenariat économique transatlantique.
En se positionnant comme un interlocuteur crédible face à la première puissance mondiale, la BEAC confirme son rôle de pilier de la stabilité et du développement pour les économies de l’Afrique Centrale.




