SOCIETE

[Cameroun] Un barman sert quatre bières à un cadavre à Mbouda

La scène digne d’une émission de Patrick Ngui Madong se passe de tout commentaire.

Après une bonne journée d’affaire, un tenancier de bar d’un quartier de la ville de MBOUDA reçoit une dernière vague de clients à qui il sert de la boisson. Le temps passe, et les commandes se poursuivent. Parmi les clients, il y en a un au calme de glace qui enfile les bières les unes après les autres, à la manière d’un voyageur après une traversée du désert. 🍻. Le vendeur est heureux comme tout vrai capitaliste, de voir que grâce à ce client, il réalisera ce soir un meilleur chiffre d’affaire. Seulement, le soleil dehors a longtemps pris sa courbe et les ombres ont envahi les versants des Monts Mangwa.

 

« L’argent ne suffit jamais, mais à chaque jour suffit sa peine. » Se dit notre barman. Alors, il commence à débarrasser et à ranger. En même temps, il établit les factures pour récupérer son dû. Devant tout le monde, Il dépose une facture en fonction de la consommation de chacun, et illico presto, les clients règlent malgré quelques difficultés liées à la rareté des pièces.

Le dernier client, est le taciturne et glacial personnage qui a pris sur lui de s’isoler dans un coin à la lumière blafarde.

Vers lui, le barman se dirige et lui tend l’addition. Ce dernier, qui jusque-là avait eu la tête baissée la plupart du temps, lève les yeux au rythme d’un caméléon, et d’une voix caverneuse et traînante s’exprime :  » Va donner ça au morguier. C’est lui qui a mon portefeuille. » Le barman fait un pas en arrière, met sa main en visière pour bien dévisager son interlocuteur. C’est alors que le film le plus incroyable de toute sa miserable existence se joue là, devant lui sans mise en scène et sans exigence du décor et des costumes. L’homme qui lui parle, il le reconnaît.Il n’est nul autre qu’un habitant de son quartier mort depuis deux mois et dont le corps a été mis à la morgue. C’est bien à un Maccabée qu’il a servi quatre bières d’affilée et c’est bien à ce même mort qu’il a adressé la parole.

 

Sans demander son reste ni chercher à fermer son bar, le barman a pris ses jambes à son cou, a couru en criant partout qu’il a servi à boire à un client-cadavre. Les clients restants n’ont pas réfléchi davantage avant de suivre le barman dans sa course loin de ce bar devenu par la présence d’un mort-vivant un espace possédé.

Lire aussi: Societe – Camwater: Fraude et vol de compteurs, le DG épingle ses collaborateurs

Le cadavre du mort-vivant a été enterré le week-end dernier dans le groupement Babadjou.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, le barman ne sait plus, et ceci n’est pas qu’un jeu de mots, à quel saint se vouer. Il a compris plus que tout autre le sens de la phrase Les morts ne sont pas morts…

#PrestonKambou

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