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[Raphran Le Bantou] « Qui a dit »: L’hymne des guerriers!

Deux ans après la parution de son titre « je l’avoue », l’artiste musicien récidive avec « motivation », mini-album de 4 titres, avec lequel il gravit un nouvel échelon dans son accession. Ça saute aux oreilles dès la biographique image en ouverture tout sourire, le jeune musicien a fait un bond de géant, autant grâce à la polyvalence de ses idées musicales qu’à sa prosodie, qui ne se résume plus désormais à l’art du corps, l’ayant rendu instantanément reconnaissable sur la scène. Avec le premier extrait « Qui a dit », Raphran met de l’eau dans son vin de carrière.

 

On est peut-être bien loin d’une jeunesse de fleurs. Raphran Le Bantou aura traversé les époques, au gré de son expérience en cabarets que dans de nombreuses compétitions musicales locales ou transafricaines. (Africa Star, Concours Coca-Cola, Mützig Star entre autres).

Avec « Qui a dit », extrait de son dernier EP commis en Septembre 2022, je retrouve la grâce du danseur, mais surtout du chanteur noyé dans son élément: Le Bikutsi. Sauf que à l’écoute, je distingue deux choses: une guitare très rock qui me rappelle les sérénades de Lady Ponce, et un jeu très intriguant en arrangement qui marque une sorte de pause entre nos polyphonies traditionnelles et le Mbolé. À ce titre il est bien dans la lignée des grands aînés avec qui il a cheminé et appris en marge de son premier album « Miroir » sorti en 2017.

 

Fils naturel d’une nouvelle forme de jazz qu’il a baptisé le « Wasa Jazz », flûtant comme un oiseau sur sa branche, Raphran ne se fige dans aucune forme musicale, bâtissant son propre style avec un poids de façade et des effets à en perdre la vue, grâce à une chorégraphie bien orchestrée. Il a un avantage: Sa voix puissante qui lui permet aujourd’hui, selon sa technique de se réadapter, mais aussi un défi pour des compositions beaucoup plus fines, légères qui demandent du lifting à la place de la force. Le titre « Qui a dit », détient un magnifique message de persévérance malgré les douleurs, ne pas s’apppitoyer sur soi, mais continuer d’avancer pour atteindre ses objectifs dans la vie!

De son vrai nom Mbarga Ndi Raphaël Franklin, dit Raphran Le Bantou, il nous invite dans un univers pas commode et toujours plein de curiosité. Au gré des 4 chansons de son EP, le monde apparaît dédoublé. Il invente et recompose un univers bigarré, multilingue, mâtiné d’influences musicales aussi diverses que surprenantes, entre Bikutsi, électro, rebétiko, classique rock et jazz. Résolument sensible, parfois lyrique, hybride et incarnée, sa musique se veut collective, improvisatoire, et nous invite à un partage intime.

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Manfred Essome

Rédacteur En Chef du Journal en ligne www.lequatriemepouvoir.com, Critique d'Art Musical et Créateur de contenus camerounais depuis 2010.

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