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« L’autisme à cœur ouvert »: Coup de maître pour le duo Mandeng

Passé du qualificatif de maladie à handicap de nos jours, l’autisme se présente comme un trouble du développement précoce dans lequel la communication et les interactions sociales sont perturbées. Au Cameroun, un duo de passionnés de l’audiovisuel s’est donné le pari de briser le plafond de verre, à travers un film-documentaire, dans le cadre des Écrans Noirs. Pour sa première au Goethe Institut Yaoundé vendredi 7 Octobre 2022, la production a fait carton plein.

MANDENG Arnaud Destin & ADEBADA ESSENEME MARINE LAURA Epse MANDENG n’en revenaient pas: Une salle des arts du Goethe Institut, archi comble pour la diffusion en première de leur film-documentaire de 54 minutes, « L’autisme à cœur ouvert ». Aux premiers rangs, de nombreux conviés dont la Journaliste Michelle Amougou (L’une des voix reportage du film), des responsables du Ministère des Affaires sociales, celui de la promotion de la femme et de la famille.

À travers ce film qui additionne simplicité et émotions, le couple Mandeng s’est donné un pari fou à travers cette production inédite: Celui d’éduquer le public à l’autisme, de sensibiliser les parents, de réveiller les actions citoyennes en faveur des personnes concernées par ce handicap, et d’émettre plusieurs plaidoyers associatifs auprès des pouvoirs publics.

L’autisme est de plus en plus abordé dans le monde du cinéma et des séries. Les films sur l’autisme représentent une grande avancée pour la reconnaissance des personnes autistes, tout en illustrant la pluralité des profils et des situations. Et cela a été le cas dans ce film, qui a mis en exergue le quotidien d’un jeune garçon autiste, et d’une femme sous les projecteurs: la chanteuse & compositrice camerounaise Danielle Eog.

Pourquoi j’ai aimé le film? Car si l’autisme de Danielle (détectée à 37 ans) et celle de deux Jeunes garçons est abordée, c’est avant tout les vies de plusieurs familles qui sont contées. Celle de parents qui font de leur mieux, mais ne sont qu’humains et celle de pré-adolescents qui se cherchent. Pour les personnes non sensibilisées à l’autisme, cela permet de montrer qu’être autiste c’est aussi avoir une vie : des envies, des rêves, des peurs, des expériences amoureuses, leurs vies futures, des interrogations multiformes.

Les témoignages de parents, a permis aux spécialistes consultés à cet effet, les responsables de centres spécialisés, de mieux comprendre les personnes autistes et de prodiguer des conseils, afin de déconstruire les préjugés autour des personnes autistes. Le film qui se veut pédagogique, est parfaitement bien réalisé. La mise en scène est intelligemment mise au service de la visibilisation de l’autisme, les acteurs sont très justes, le discours est sincère, la construction scénaristique est homogène et sans temps mort, des interviews aux prises de vue, en passant par les musiques jouant en fond sonore: celles de Daniel Eog.

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Le documentaire évoque des personnalités attachantes, dont le développement et les dons multiples ont été parfois broyés par l’ignorance, mais compensés par l’amour & la patience: Il a un message fort d’espoir et de résilience face à un handicap de cette hauteur, pas toujours facile dans nos sociétés africaines. Les joutes Journalistiques ont permis à l’auditoire d’être édifiés sur l’écosystème de production de ce film. Réalisé par un couple qui sorti de grandes Écoles locales, mais surtout parents d’un enfant autiste (IRIC pour l’époux et ENAM pour l’épouse) elle est la preuve vivante que la vie personnelle & intime est un redoutable catalyseur de la passion, et de la revanche sur la vie: Il s’agit d’un pari réussi.

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Le public a été unanime en termes d’hommages et de salutations, sans oublier un geste fort d’encouragement de la représentante de la Première Dame, l’épouse du Chef de l’État camerounais Chantal Biya. Cette production parvient à délivrer de l’émotion pure et brute, avec des voix-off, sans intervention étouffante des équipes de tournage et de réalisation, uniquement des témoignages, des récits d’amour, du quotidien et des interrogations nourries.

Guerre contre les mentalités rétrogrades

La famille, avec les personnes souffrant du trouble, sont les principales victimes de l’exclusion sociale. Des situations aussi banales que faire du shopping ou se promener peuvent devenir vraiment désagréables lorsque les autres jugent. Il existe même des cas dans lesquels certaines personnes conseillent de ne pas laisser la personne souffrant d’autisme sortir de la maison, ou même de la frapper “pour qu’elle apprenne à se comporter correctement”. L’ignorance est la cause de ce types de recommandations, outre le manque de sensibilité. C’est pourquoi les films sur l’autisme sont de grands alliés pour la cause.

Le cinéma possède la capacité d’attirer le public, de provoquer des émotions et de faire comprendre des contextes et des situations inconnus pour un grand nombre de personnes.

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