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[Tribune] Surcouf, un corsaire entre innovation “en miniature” et opportunités grandeur nature

Par Kevin LOGNONÉ

La rue Surcouf est une artère historique de Douala, ville-port ouverte aux milles opportunités et capitale économique du Cameroun. Pourtant, peu connaissent le destin étonnant du corsaire Surcouf surnommé le « Tigre des Sept Mers ». Et comment son goût des innovations et des opportunités pourrait faire émerger de nouveaux débouchés afro-futuristes. En premier lieu, Robert Surcouf (1773 -1827) est un corsaire originaire de Saint-Malo, sur la côte d’Emeraude en Bretagne. Ce port bénéficie encore aujourd’hui d’une importance en Europe pour promouvoir des échanges économiques et culturels entre régions portuaires et mettre en place des partenariats durables. Aussi surnommée la « cité corsaire », Saint-Malo a donné naissance à un réseau « Si tous les ports du monde ? ».

Georges Serre qui préside aujourd’hui ce réseau a été ambassadeur de France auprès de la République démocratique du Congo, de la République du Cameroun ainsi que de la République de Côte d’Ivoire. Sa vision porte un questionnement pour les portes maritimes du Cameroun et le reste du monde : ET SI LES HABITANTS DES PORTS AVAIENT UN AUTRE REGARD SUR LE MONDE ?

Surcouf représente un protagoniste par excellence pour nous inviter à réfléchir à cette question. Car le roi des corsaires avait bien conscience de cette alliance du monde du littoral et des forêts. Des innovations sont nées de cette chasse au trésor au cœur des forêts et des océans. Par exemple : la fabrication du coaltar, un goudron obtenu par distillation de la houille (brai). Souvent, le brai végétal était extrait d’écorces d’arbres.

Utilisé pour imperméabiliser les bateaux, son application évitait au bois de pourrir prématurément. Perlage, pharmacopée à faible impact, diamants alternatifs sans extraction forestière, low-tech, industries créatives et culturelles, transmission des savoirs…Nombreux sont les actifs matériels et immatériels à préserver pour atténuer les ressources fossiles et renforcer notre mission durable.

Tous ces trésors intéressaient déjà les corsaires. Surcouf avait peut-être imaginé une route des perles de Bassorah (actuel Irak) à Douala, que des artistes Camerounais dans l’univers du conte, de la danse, de la mode, du théâtre, et de la musique pourraient réinventer dans son récit. Des travaux de recherche dans la Revue des Deux Mondes permettent de retrouver des traces des exploits maritimes menés jusqu’à Bassorah, ancien comptoir du Golfe persique surnommé « la Venise de l’Orient ». Il conviendrait d’explorer la présence de Surcouf et sa relation avec le Golfe de Guinée. La perliculture est fortement associée aux astres, et en particulier à la lune, dont les Nations Unies ont décidé que la Journée internationale de la Lune serait célébrée tous les ans le 20 juillet, date anniversaire du premier alunissage d’êtres humains sur le satellite terrestre dans le cadre de la Mission lunaire Apollo 11.

Le phénomène de marée s’explique par la force exercée entre la lune et le soleil sur la terre. La lune a un effet aimant sur les océans et possède une force d’attraction supérieure au soleil mais c’est l’action des deux astres sur la terre qui agit sur la montée des eaux car la lune et le soleil exercent une attraction plus ou moins forte sur sur les océans. Pour les grandes marées, cela intervient lors d’une pleine lune ou d’une nouvelle lune,lorsque le soleil et la lune sont alignés avec la terre, et donc que l’attraction sur la masse des océans est plus importante. À l’inverse, lors du premier quartier et dernier quartier de lune, l’attraction est beaucoup moins forte et donc c’est la période que l’on appelle « morte eau ».

Un autre champ dans lequel les corsaires ont manifesté un intérêt est le savoir-faire horloger. Or, les avancées horlogères et la marine sont liées. L’apparition des premières horloges maritimes, qui conservaient la mesure du temps même sur un navire en mouvement fut une révolution. Elles permirent aux marins de se positionner en mer avec une très grande précision.

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Le métier d’horloger (sans H) remonte à l’époque de Charles Quint qui pour sa guerre contre François Ier va recruter des horlogeurs pour le réglage des canons. Ce détail historique a son importance dans la mesure où le Cameroun partage une frontière territoriale avec la Guinée Équatoriale, seul pays de toute l’Afrique à avoir l’espagnol comme langue officielle. Ces horlogers sont devenus par pratique de métier, des sortes de colporteurs d’horlogerie.

Ils ont bien sûr eu une place à partir de la seconde moitié du XIXe siècle pour concevoir et construire les mécanismes de propulsion des torpilles marines, et plus tard les fusées à retard programmé des projectiles d’artillerie.

À l’époque, des horlogers, maîtrisant la gravure des platines en laiton ont pu être chargés de la fabrication d’instruments de pointage ou de calcul, comme les équerres à fil à plomb, ou les compas de proportion « de Galilée » permettant toute sorte de calculs, et qui comportaient souvent des échelles destinées à un usage en artillerie. Aujourd’hui, la marque d’horlogerie française « Awake » propose des montres faites avec des filets de pêche recyclés. Lors du G7 à Biarritz, Emmanuel Macron en a porté une et en a offert à tous les dirigeants.

Enfin, l’une des contributions les plus importantes des corsaires est leur rôle dans la sécurité alimentaire. Des corsaires furent chargés en 1710 par le secrétaire d’État français Pontchartrain de protéger des convois de blé venant de Tunisie vers la France menacée de famine. Le petit âge glaciaire du XVIIe siècle sévissait sous l’Ancien régime avec une succession d’hiver glacial et d’été pourri. Le froid atteignait -25 °C en rase campagne et il gelait dans les chaumières.

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L’adversité corsaire permit de venir en aide à cette crise de subsistance. Et nourrir la Créativité littéraire de Jules Verne. En 1905, année de la mort de l’écrivain, son dernier roman : « L’Invasion de la mer », est Consacré à l’utopie des batisseurs d’une seconde Méditerranée en plein Sahara. L’énorme Evaporation produite par le soleil saharien, poussée par les vents du Sud vers les crêtes Elevées de l’Aurès, irait s’y résoudre en pluies, y créer des sources, y ramener la fertilité Qui faisait jadis des plateaux de Sétif le grenier de Rome. Surcouf et les corsaires ont certainement d’autres secrets à nous transmettre pour Explorer le champ des possibles et de dialoguer avec de nouvelles opportunités afro-Futuristes .

Kevin LOGNONÉ (patronyme aux origines corsaires de Saint-Malo)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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