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[Tribune] Diplomatie afro-futuriste: L’Afrique peut-elle profiter du Brexit et du mouvement taïwanais des Tournesols?

Sao Tomé-et-Principe a entretenu des relations diplomatiques avec Taïwan jusqu’en 2016. Une singularité par rapport à ses voisins régionaux dans le Golfe de Guinée. La maritimité insulaire a certainement rapproché une vision de l’adversité santoméo-taiwanaise face aux éléments d’engrenage et vents diplomatiques. Victor Hugo avait imaginé dans son œuvre : « les Travailleurs de la Mer » la figure d’un roi Auxcrinier de l’Océan, qui aurait trouvé le bonheur dans ses États ; la constitution, dont il est l’auteur, refuse le droit d’entrée à l’or et à l’argent sans son autorisation : la seule monnaie ayant cours est le coquillage dont la mer est l’inépuisable coffre-fort.

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Le mouvement dit des tournesols est né à Taiwan pour contester les relations entre les deux rives du détroit de Formose et exprimer plus d’autonomie au principe « d’une seule Chine ». En tournant le dos au soleil de Pékin, un tel mouvement adapté au contexte africain aurait-il un sens pour les affaires du monde bousculées, à l’heure où l’Union européenne favorise de nouvelles discussions avec les puissances de l’Arc Atlantique africain, comme par exemple des accords de pêche avec le Maroc suite au retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne?

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Le tournesol, cette plante du soleil rattachée au mythe de la création au Mexique, fut introduite en Europe continentale de façon pionnière pour expérimenter la « teinture en drapeau » et ensuite exportée en Angleterre. L’histoire de cette culture dont l’influence créative a inspiré Van Gogh pour son tableau Sunflowers incarne un porte-drapeau d’engagement et de résilience. Un mouvement des tournesols sèmerait-il une nouvelle ère dans les relations internationales ?

L’Afrique pourrait-être dialoguer directement avec certaines îles : Jersey, Guernesey ? Ou même certaines cités-Etats ? Aux côtés d’une Ecosse indépendante et européenne, d’une réunification irlandaise en question, Londres débat actuellement d’un nouveau modèle de « Cité-Etat » citant les exemples de Singapour et sa sécession avec la Malaisie en 1965, de Hong-Kong avec la Chine continentale, ou encore les exemples antiques de thalassocraties comme Rome et Athènes. La chambre de commerce de Londres a proposé la création d’un visa spécial, qui donnerait aux émigrés londoniens un numéro de sécurité sociale spécifique, leur permettant de travailler uniquement dans le périmètre métropolitain.

Face au Brexit, le gouvernement britannique a dévoilé à Hong-Kong la façon dont il entend se projeter dans un « second Elizabethan Golden Age of Trade and Investment ». Un tel scénario fait écho au premier Age d’Or Elisabéthain marqué par la chute de la Grande Armada espagnole et l’ouverture d’une ère de prospérité stimulée par les échanges et innovations maritimes.

Sous l’époque antique, les conquêtes romaines avaient associé la « Petite » Bretagne et la Grande-Bretagne au sein d’un même territoire : Britannia. «La terre la plus écartée et le dernier boulevard de la liberté», écrivait Tacite. « Les renseignements que la mémoire volontaire donne sur le passé ne conservent rien de lui » écrivait Marcel Proust.

Kevin LOGNONÉ

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