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[Tribune] Biyem Assi Design District : un nouveau pôle créatif de la mode en devenir?

Maboneng district à Johannesburg, D3 à Dubai, Quinta Camacho à Bogota, la notion de Design District se répand sur tous les continents. Elle peut aussi de confondre avec la notion d’héritage ancien, comme en témoigne Casco Antiguo au Panama ou Hollywood South en Louisiane. Jusqu’à 13% de l’emploi urbain dans les industries créatives se concentre dans les grandes villes du monde. Il existe même un réseau des villes créatives de l’UNESCO pour un développement durable. Un créateur Camerounais anglophone et sa marque Aaron Fashion Design s’en inspire pour fédérer un nouvel écosystème : Biyem-Assi Design District. Objet : démultiplier des ruches créatives capables d’apporter de nouvelles opportunités d’internationalisation en relation avec la diversité des micro-quartiers de Yaoundé.

Le rôle de la culture et de la créativité comme catalyseurs du développement urbain durable est de plus en plus reconnu au niveau international, notamment depuis l’adoption des 17 Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies en 2015, par lesquels la culture a été pour la première fois intégrée dans l’agenda de développement international.

Si le projet Hollywood South a permis à la Louisiane sinistrée après l’ouragan Katrina de se reconstruire dans le cinéma, des travaux menés en Amérique du sud apportent une définition avant-gardiste de l’économie orange qui désigne l’ensemble des activités liées aux industries créatives et culturelles. Une étude a démontré que l’économie orange pesait trois fois plus que le canal dans le PIB du Panama.

Lire aussi: [Tribune] Comment le cinéma africain peut s’inspirer dumodèle « Hollywood South » en Louisiane

Quelles seraient les estimations si une même comparaison était faite avec le port de Douala et les industries créatives Camerounaises ?

Le Panama capte 5% du commerce maritime mondial et près de 30% du commerce Asie-Pacifique en transit vers la côte Est des États-Unis. Tête d’affiche des CIVETS (Colombie, Indonésie, Vietnam,Egypte, Turquie, Afrique du sud), perçus comme les futurs grands émergents, la Colombie a quant à elle connu en 2015 une 16ème année de croissance ininterrompue (+3,1%) et se positionne dans de nouvelles industries créatives.

Par ailleurs, plusieurs programmes sont en train d’être lancés pour promouvoir l’économie du savoir: Ciudad del Saber au Panama, à l’image de l’Equateur qui vient de lancer sa propre Silicon Valley :Yachay (qui signifie Espace de la connaissance).

Dans le cadre de l’année France Colombie et du rayonnement de l’économie orange, beaucoup d’innovateurs et d’entrepreneurs se sont mobilisés au sein d’écosystèmes urbains et créatifs comme ceux de Medellin ou Bogota qui accueillent de nombreux événements liés à la mode, au design, aux industries créatives et culturelles : Colombia Moda, Bogota Fashion Week, Bogota Design Festival…

Dans un sens inverse, la communauté colombienne à l’étranger a développé une toile économique et culturelle très importante à Londres, notamment dans le quartier Elephant and Castle, sur le rive sud de la Tamise. Mais aussi dans certaines capitales d’Europe du nord. L’industrie du café a beaucoup misé sur Amsterdam pour engager sa diversification et engager de nouvelles opportunités d’investissement et de partenariat.

Les milieux d’affaires sud-américains regardent beaucoup la Grande-Bretagne … Et assez peu l’Afrique.

Pourtant, des passerelles transatlantiques paraissent évidentes. Tout reste à faire pour reconquérir un rayonnement économique et culturel autour de cet axe de développement.

Sur un plan historique, l’Amérique latine a longtemps été une plateforme de brassage culturel et mémoriel d’aventuriers issus de lignées bretonnes, irlandaises, galloises et écossaises. On retrouve parmi ces celtes du Nouveau monde de grandes personnalités : Thomas Lynch, gouverneur irlandais de la Jamaïque, le corsaire Aury ayant soutenu aux côtés de Lafitte, le révolutionnaire Simon Bolivar dans son combat pour libérer les colonies espagnoles, sans oublier les péripéties du clan écossais Mac Gregor au Venezuela, ou encore le flibustier gallois Henry Morgan et bien d’autres aventuriers ayant choisi la Mer des Caraïbes comme terre d’exil après la révolution de Cromwell et d’autres crises européennes.

(Independent Scotland’s last gasp forgotten in Panama jungle)

L’initiative portée par un jeune talent Camerounais anglophone et sa marque Aaron Fashion Design de révéler une stratégie de marketing territorial autour du concept Biyem Assi Design District traduit une vision afro-futuriste décomplexée dans la mondialisation. Car elle peut à la fois saisir de nouvelles opportunités vers le monde anglophone. Pour vendre à Hong-Kong, mieux vaut être fournisseur de la reine d’Angleterre que de Monsieur Smith. Plus largement, un écosystème Biyem Assi Design District peut aussi véhiculer une ouverture multiculturelle en direction de nouvelles cibles et prescripteurs.

L’Amérique du sud en est un exemple

Pour pleinement réussir, le concept Biyem Assi Design District peut prendre son essor international en s’appuyant sur la réussite de la marque Aaron Fashion Design qui développe une notoriété grandissante.

Celle-ci s’appuie sur un ancrage symbolique fort pour la haute couture et la confection sur mesure de vêtements autour du nom du créateur et sa forte référence philosophique et spirituelle.

Aaron apparaît fréquemment associé à Moïse dans l’art juif et chrétien, en particulier dans les illustrations de manuscrits et de Bibles imprimées. Il se distingue généralement par ses vêtements sacerdotaux, en particulier son turban ou sa mitre et sa cuirasse ornée de bijoux. Il tient fréquemment un encensoir ou, parfois, sa tige fleurie. Aaron apparaît également dans des scènes représentant le Tabernacle sauvage et son autel, comme déjà dans les fresques du IIIe siècle de la synagogue de Dura-Europos en Syrie. Un autel portable en argent du XIe siècle de Fulda , en Allemagne, représente Aaron avec son censeur et se trouve au musée de Cluny à Paris. C’est aussi ainsi qu’il apparaît dans les frontispices des premières Haggadot imprimées de la Pâque et occasionnellement dans les sculptures d’église. Aaron a rarement fait l’objet de portraits, comme ceux d’Anton Kern [1710–1747] et de Pier Francesco Mola [c. 1650]. Les artistes chrétiens représentent parfois Aaron comme un prophète [110] tenant un rouleau, comme dans une sculpture du XIIe siècle de la cathédrale de Noyon au Metropolitan Museum of Art de New York et souvent dans les icônes orthodoxes orientales. Les illustrations de l’histoire du veau d’or l’incluent généralement également – notamment dans L’Adoration du veau d’or de Nicolas Poussin (vers 1633-1634, National Gallery, Londres). Enfin, certains artistes intéressés à valider les sacerdoces ultérieurs ont peint l’ordination d’Aaron et de ses fils (Lévitique 8). La représentation réaliste de Harry Anderson est souvent reproduite dans la littérature des saints des derniers jours.

En s’appuyant sur ces références spirituelles, Biyem Assi Design District pourrait développer une doctrine d’investissement ambitieuse qui pourrait reposer sur quatre piliers : tout d’abord, l’idée même de lien avec la fragilité. Deuxièmement, l’engagement comme moyen de favoriser la ressemblance à l’exemplarité. Troisième : le respect de la création qui amène à prendre en compte l’environnement et la durabilité. Enfin, la transition entre les générations pour transmettre le monde et le patrimoine.

Kevin LOGNONÉ

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