CULTURELIFE STYLE

[Prospective] Et si l’Afrique s’inspirait du projet abandonné de Musée d’histoire maritime (MHM) de Saint-Malo?

Terre de création du festival Etonnants voyageurs qui accueille chaque année de grands intellectuels et écrivains d’Afrique et d’ailleurs, Saint-Malo la cité corsaire offre aussi au reste du monde des idées muséales intéressantes dans le contexte de restitution de biens culturels.

Le musée d’histoire maritime de Saint-Malo était inscrit au « plan musée » de Frédéric Mitterrand en 2007. Japonais, portugais et autres talents avaient répondu avec beaucoup d’audace au concours international de maîtrise d’œuvre qui avait reçu 126 projets candidats. Si l’architecte japonais Kengo Kuma a été retenu en 2018, son projet en raison d’un dépassement budgétaire a été suspendu deux ans plus tard. Au moment de la première phase, quatre candidatures avaient été retenues: les agences Kuma (Japon), Barozzi Vega (Espagne), Aires Mateus (Portugal) et Moreau Kusunoki (France). A cette époque, parmi les membres du jury, le projet Aires Mateus avait retenu l’attention de François Lognoné, conseiller municipal de Saint-Malo chargé des affaires maritimes.

Manuel Aires Mateus est un architecte de Lisbonne qui a bien compris que l’histoire est la valeur la plus indissociable de Saint Malo. Territoire de défense, il y a toujours eu une ligne frontière tendue entre des domaines séparés : D’un côté l’humain, les disputes, les murailles, les remparts, la ligne qui sépare mais aussi protège ; d’autre part le naturel. Séparation des éléments, la terre qui y arrive laisse place à la mer.

C’est une zone de protection, autant qu’un risque d’inconnu. Saint Malo a toujours été un territoire de contestation. Des querelles culturelles, idéologiques, politiques et militaires. C’est une terre de conquête et de défense, qui a aussi façonné une image unique du territoire.

Il se couvre, il se réserve, il se cache à qui voit de l’extérieur. A l’intérieur il rassemble, loge, accueille chaleureusement.

C’est dans la double coexistence de ces composantes de cette personnalité que ce projet de musée était conçu.

Un repère, une icône péremptoire vue de l’extérieur. Mur minéral, vertical, anguleux, clos et clos. À son sommet se trouve le domaine du paysage : un chemin infini qui atteint l’horizon.

À l’intérieur : un univers protégé et tendre. Un cœur vivant. La présence du bois qui accueille, qui évolue, qui se renouvelle, qui offre des sons en marchant.

Le dessin évoque l’identité malouine, la renouvelle, la rejoue. Comme une langue qui ne peut être parlée que là-bas, une fortification de centre chaud est dessinée. Il se construit dans l’avenir, un héritage aussi unique que celui dont il a hérité.

Selon les propos de l’architecte Manuel Aires Mateus en 2018 : « Le musée se présente comme la nouvelle icône de Saint-Malo, adoptant l’esprit et l’image d’une forteresse qui offre aux visiteurs la possibilité de dominer l’environnement d’en haut, ou de s’immerger dans l’univers isolé derrière son périmètre de pierre. »

Tout cette complexité conceptuelle et esthétique peut offrir un cheminement à l’Afrique pour imaginer ses propres structures muséales qui accueilleront le processus à long terme de restitution des biens culturels.

Kevin LOGNONÉ

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Captcha loading...

Bouton retour en haut de la page

Adblock détecté

Un ADLOCK de publicité à été détecté sur votre navigateur veuillez le désactiver pour pouvoir mieux bénéficier et soutenir notre projet merci d'avance
error: Alert: Tu copie ce contenu que c'est pour toi? !!