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[Présidentielle au Brésil] Le face-à-face entre Lula & Bolsonaro entamé!

Candidat à la présidence pour la sixième fois, le leader de la gauche fait campagne au centre, dans l’espoir de battre le président sortant d’extrême droite, toujours très populaire chez les évangéliques.

 

La scène date du 20 juillet. En déplacement dans le Nordeste, Lula décide d’effectuer un crochet par Caetés. La ville n’est qu’un tout petit point sur la carte du sec et pauvre Etat du Pernambouc. Mais c’est ici, il y a près de soixante-dix-sept ans, qu’est né le leader de la gauche brésilienne. Emu, ce dernier a pris la pose face à une réplique de sa maison d’enfance faite de branches et de terre battue. Un retour aux sources auquel cet homme, qui a grandi dans la misère, tenait tout particulièrement, avant de redescendre dans l’arène politique.

Luiz Inacio Lula da Silva le sait : cette campagne présidentielle, qui a officiellement commencé le 16 août, est la plus importante (et sans doute la dernière) de sa très longue carrière politique. Pour l’ancien syndicaliste et président de gauche (2003-2011), candidat à un nouveau mandat au scrutin du 2 octobre, il ne s’agit rien de moins que de préserver l’existence de la jeune démocratie brésilienne en barrant la route à l’extrême droite de Jair Bolsonaro, qui a multiplié ces dernières semaines les menaces de coup d’Etat en cas de défaite au scrutin. Lula candidat ? C’est une constance au Brésil. Presque un passage obligé. Cette année, l’ancien métallo aborde sa sixième campagne présidentielle (et même huitième, si l’on compte celles menées pour faire élire sa successeure Dilma Rousseff). Un record en démocratie. C’est peu dire si la machine est rodée. Ces dernières semaines, le chef charismatique du Parti des travailleurs (PT) a multiplié les meetings aux quatre coins du pays. Porté par des foules en liesse, ce tribun hors pair est dans son élément.

Partout, il répète le même discours, rappelant les souvenirs heureux de sa présidence et torpillant le bilan sanitaire, économique et environnemental de son successeur. Avec succès : un sondage de l’Institut Datafolha lui donnait, fin juillet, 47 % d’intentions de vote, soit 18 points de plus que Jair Bolsonaro, à 29 %. Balayés par ce « choc des titans », les autres candidats, tel le travailliste Ciro Gomes ou la centriste Simone Tebet, en sont réduits à faire de la figuration : aucun ne dépasse la barre des 8 %.

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Programme et slogan consensuels

Pour ce scrutin décisif, Lula part très entouré. Sa coalition, baptisée « Allons ensemble pour le Brésil », réunit neuf formations politiques, allant du centre droit à la gauche libertaire. Mise en ordre de marche, cette petite armée militante dispose d’un plan de bataille plutôt simple. Le Nordeste étant acquis à la gauche, le Centre-Ouest agricole et le Sud à l’extrême droite, l’Amazonie demeurant incertaine, la victoire devrait se jouer dans les régions du Sud-Est, et en particulier de Sao Paulo, Etat le plus riche et peuplé de la fédération (34,6 millions d’électeurs, soit près de 20 % du pays).

 

 

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