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[Every move matters with La Bourdonnais] Un monument breton à Londres peut-il relancer le jeu d’échecs transformé en Perse ?

Les Nations Unies ont proclamé le 20 juillet Journée mondiale du jeu d’échecs, afin de mettre l’accent sur leur importante contribution à la paix et à la coopération internationale. La date choisie marque la date de création de la Fédération internationale des échecs (FIDE) à Paris, en 1924.

La Bourdonnais (1796-1840) mit le jeu d’échec sur la place publique en Europe, grâce à un match contre le londonien Alexander McDonnell en 1834, quelques années avant l’Exposition universelle de 1851 qui accueillit le premier tournoi international de ce jeu oriental né aux Indes, transformé en Perse puis en Grèce, enfin remodelé par la civilisation arabe vers l’Occident chrétien. Bref, un voyage universel de près de 500 ans. Lors de la révolution informatique, les premières innovations visaient à concevoir des ordinateurs capables de jouer aux échecs.

Tout au long de l’histoire, le jeu et le sport ont aidé l’humanité à survivre aux périodes de crise en réduisant les angoisses et en améliorant la santé mentale. En 2020, alors que les restrictions imposées pour limiter la propagation de la COVID-19 ont grandement réduit la plupart de ces activités, les échecs ont désormais fait preuve d’une résilience, d’une adaptabilité et d’un pouvoir rassembleur remarquable en cette période de pandémie.

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, l’intérêt général pour les échecs a ainsi doublé, avec une augmentation du nombre de joueurs réunis pour participer à des événements d’échecs sur des plateformes en ligne.

Les échecs sont l’un des jeux les plus anciens, les plus intellectuels et les plus culturels qui soient, associant à la fois sport, raisonnement scientifique et aspects artistiques. Ils sont joués dans le monde entier et favorisent l’équité, l’inclusion et le respect mutuel. Ils contribuent pour cela à un climat de tolérance et de compréhension entre les peuples et les nations et jouent un rôle crucial dans la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et de ses objectifs de développement durable, à travers notamment le renforcement de l’éducation, de l’égalité des genres et de l’avancement des femmes et des filles.

Les échecs sont un jeu de plateau stratégique impliquant deux joueurs. L’objectif est de capturer la pièce du roi de l’adversaire, en utilisant différentes pièces ayant un ensemble prescrit de mouvements possibles sur un plateau carré en damier. Aujourd’hui, il existe plus de 2 000 variantes du jeu.

Pour ce qui est de ses origines, certains pensent que le jeu est issu d’un autre jeu similaire aux échecs, appelé Chaturanga, qui se serait développé dans le nord du sous-continent indien pendant la période de la dynastie des Gupta (~ 319 – 543 EC) pour après se diffuser le long des routes de la soie à l’ouest de la Perse.

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Cependant, le concept du jeu d’échecs moderne serait dérivé de « Chaturanga » qui signifie « quatre divisions », et qui fait référence soit aux divisions des pièces de jeu en infanterie, cavalerie, éléphanterie et charrette (pièces qui dans le jeu moderne sont devenues le roi, tour, dame, cavalier et pion), soit au fait que le jeu comprenait auparavant quatre joueurs. « Chatrang », et plus tard « Shatranj », était le nom donné au jeu lorsqu’il est arrivé en Perse sassanide vers 600 EC.

La première référence au jeu provient d’un manuscrit persan décrivant un ambassadeur du sous-continent indien venant rendre visite au roi Khosrow I (531 – 579 EC) et lui présentant le jeu en cadeau. De là, le jeu s’est diffusé vers d’autres régions, notamment vers la péninsule arabique et l’ancienne Byzance.

En 900 EC, les maîtres d’échecs abbassides al-Suli et al-Lajlaj ont composé des œuvres sur les
techniques et la stratégie du jeu, et en 1000 EC, le jeu d’échecs était déjà populaire à travers
l’Europe et en Russie, où ils ont été introduits dans la steppe eurasienne. Dans les manuscrits
d’Alfonso, une collection médiévale de textes illustrant trois différents types de jeux populaires
du XIIIe siècle connus aussi sous le nom de « Libro de los Juegos » (livre des jeux) – le jeu
d’échecs y est décrit comme étant très similaire à la version persanne de « Shatranj », en termes de règles et de principes de jeu.

Un appel a été lancé auprès de Sadiq Khan, maire de Londres, dont le parcours familial et
politique est lié à la partition des Indes. Appel visant à ériger un monument breton à Londres,
en l’honneur du maître d’échecs La Bourdonnais : https://www.spacehive.com/labourdonnais

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