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Mémoire des hommes en Finistère: Louis Marie Pellé (1900-1944), victime civile pendant la Seconde guerre mondiale

Le 22 août est la journée internationale de commémoration des personnes victimes de violences en raison de leur religion ou de leurs convictions. Mémoire des hommes, portail culturel du ministère français des armées offre l’occasion de retrouver des témoignages d’archives, comme celles de Louis Marie Pellé (1900-1944), victime civile pendant la Seconde guerre mondiale.

Né le 18 novembre 1900 à Ploumoguer dans le département français du Finistère, ce jeune commerçant sera fusillé par les Nazis à l’âge de 44 ans. Sous l’Occupation allemande, il avait contribué à un « réseau » qui avait caché des juifs dans les campagnes du Nord-Finistère, avec le concours officieux des gendarmes du Conquet.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune de Ploumoguer. Mais où se trouve Ploumoguer sur la carte de la Bretagne ? Et quelle est son origine ?

A la pointe Finistère, l’origine de Ploumoguer suscite toujours des débats : Est-elle romaine ou le Plou d’un Saint-Fondateur? Pour les partisans de l’origine religieuse, Ploumoguer est la paroisse de Magoer, en français Magloire : une hypothèse confortée par la paroisse de Ploumagoar en Côtes d’Armor et la chapelle de Locméven à Ploumoguer, dédiée à saint Méen disciple de saint Magloire, le premier évêque de Dol-de-Bretagne.

En 1330, on écrivait Ploë Maoer. En 1440, Ploë Moguer : littéralement la paroisse de la muraille. Les fervents de l’origine romaine voient en Ploumoguer le « Plou de la Muraille », des murailles qui seraient des vestiges gallo-romains. Autre argument, Ploumoguer possède un village romain : Kerouman…

En 1899, Ploumoguer fut amputée des sept îles (Béniguet, Quéménez, Banec, Balanec, Triélen, Chrétiens et Lédénès) au profit du Conquet. En 1961, Le Conquet bénéficiait à nouveau de 200 hectares répartis entre la presqu’île de Kermorvan, les dunes des Blancs Sablons et une partie du village de Lanfeust.

La population israélite du Nord-Finistère était répartie dans de petites villes-ports ancrées sur la Mer d’Iroise. Au Conquet, il y en a toujours qui gèrent des petits commerces près du port. Leur présence ancienne remonte à des échanges maritimes avec le sud de l’Angleterre et même avec la péninsule ibérique au nord du Portugal. Les expulsions à l’époque médiévale ont amené des communautés israélites en Finistère qui ont su apporter des innovations dans les techniques d’accastillage, d’optique et de cartographie maritime qu’ils avaient acquises depuis leurs différents foyers européens d’émigration. Véritable laboratoire des pratiques mémorielles, le Nord Finistère est ainsi passé d’une terre de refuge à une terre d’innovation.

Mémoire des hommes, portail culturel du ministère français des armées offre la possibilité de marcher sur les traces de Louis Marie Pellé (1900-1944) qui exerçait la profession de commerçant :

https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/client/mdh/base_victimes_civiles/resus_rech.php

Pour resituer cette mémoire, les archives orales sont également précieuses. Devenue pupille de la Nation à l’âge de 14 ans, une de ses filles a fêté ses 92 ans d’anniversaire le 11 août dernier.

Malgré la disparition des parents, Jeanne Le Faou est aujourd’hui la doyenne de la rue Richelieu située dans la ville de Brest, cité portuaire et océane du Ponant.

Dans son projet de résolution 73/L.85, l’Assemblée générale des Nations Unies proposait le 22 août Journée internationale de commémoration des personnes victimes de violences en raison de leur religion ou de leurs convictions, réitérant la nécessité d’apporter davantage d’appui et d’assistance aux personnes victimes de violences en raison de leur religion ou de leurs convictions. Par ce projet de résolution, les États Membres reconnaissent notamment l’importance de s’allier pour renforcer l’application des régimes juridiques déjà en place et protégeant les individus de la discrimination fondée sur des motifs religieux.

Les actes de violence explicitement déplorés sont non seulement ceux dirigés contre les personnes, mais aussi ceux contre leur domicile, leurs entreprises, leurs biens, leurs écoles, leurs centres culturels ou leurs lieux de culte. Il en est de même pour toute attaque contre des lieux religieux, des sites et des sanctuaires, violant le droit international. Cette Journée est précédée par la Journée internationale du souvenir en hommage aux victimes du terrorisme, célébrée le 21 août. La résolution 72/165 instituant la Journée internationale du souvenir en hommage aux victimes du terrorisme reconnaissait également la nécessité d’un plus grand renforcement des relations interreligieuses et interculturelles, ainsi qu’une plus grande éducation aux droits de l’homme, afin de favoriser la lutte contre l’intolérance, la discrimination et la violence à l’égard des personnes en raison de leur religion ou convictions.

En proclamant une Journée internationale de commémoration des personnes victimes de violences en raison de leur religion ou de leurs convictions, l’Assemblée générale a aussi accentué la responsabilité des États vis-à-vis de la promotion et protection des droits de l’homme, notamment de ceux des personnes appartenant à des minorités religieuses.

La liberté de religion ou de conviction, la liberté d’opinion et d’expression, le droit de réunion pacifique et le droit de liberté d’association sont des droits de l’homme et figurent dans les articles 18, 19 et 20 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ils sont tous interdépendants et se renforcent mutuellement. Le respect de ces droits doit être garanti et doit servir de base dans la lutte contre toutes les formes d’intolérance et de discrimination fondées sur la religion.

Lire aussi: [Tribune] Prospective: The Line, le projet futuriste saoudien peut-il être transposé en Afrique etrelancer « Saint Tropez in the Horn » ?

Un débat ouvert, constructif et respectueux d’idées au sein d’une société, ainsi que des dialogues interreligieux, interconfessionnel et interculturel aux niveaux local, national, régional et international, peuvent jouer un rôle positif dans la lutte contre la haine et l’incitation à la violence religieuse. En outre, l’exercice du droit à la liberté d’opinion et d’expression et le plein respect de la liberté de rechercher, de recevoir et communiquer des informations sont essentiels dans le renforcement de la démocratie et la lutte contre l’intolérance religieuse.

Kévin Lognoné

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